Homélie du dimanche de l'Epiphanie A (Père Guy Delage s.j.)

Mathieu 2, 1-12

Dans ce qui fait autorité pour fonder notre foi dans l’Église catholique, il y a l’écriture et la Tradition. La fête de l’épiphanie est justement à la jonction des deux, au carrefour de l’écriture et de la Tradition.

Seul Matthieu parle de mages venus d’orient. Et pour cause, son évangile s’adresse d’abord aux païens. Il en est aussi question dans les évangiles apocryphes qui ne font pas partie du Nouveau Testament. Les mages étaient des astrologues, des gens qui scrutaient les astres et qui étaient aussi consultés en leur qualité de devins. C’étaient donc des païens.

Notons au passage que l’étoile qu’ils suivent fait écho avec le prologue de l’évangile de saint Jean « la lumière a brillé dans les ténèbres ».

Comme l’astrologie était en vogue en Perse où elle connaissait un certain succès, très vite on s’est accordé pour dire que les mages venaient de Perse.

Dès le 2ème siècle Tertullien (160 à 230) en fait des rois en référence aux Ps (68) 67,30 : de ton palais qui domine Jérusalem on voit des rois t’apporter leurs présents et (72) 71,10 : les rois de Tarsis et des îles apportent des présents. Isaïe va dans le même sens : Les nations vont marcher vers ta lumière et les rois vers ta clarté naissante (Is. 60,3)

Enfin, au 15ème siècle on leur attribue des races : chacun représentait un continent. Comme on en connaissait que trois à cette époque, les trois mages symbolisaient l’évangile annoncé à toute la terre. Ils ont aussi représenté les trois âges de la vie pour signifier que l’évangile sera transmis de génération en génération.

Les noms des rois mages

Dans l’évangile de Matthieu, les présents sont au nombre de trois. Origène (185 à 253), Père de l’Église comptant parmi les théologiens et les exégètes les plus éminents de son temps, a déduit du texte de Matthieu que les mages étaient, eux aussi, au nombre de trois. Un évangile apocryphe (l’évangile arménien de l’enfance) les a nommés Balthazar, Gaspard et Melchior.

  • Melchior : vient de l’hébreu melekh, qui veut dire « roi ». Melchior est le plus âgé des mages. Il est généralement porteur d’or qui annonce la royauté du Christ.

  • Balthasar est aussi le surnom du prophète Daniel qui expliquait les songes du roi Nabuchodonosor (Dn 1,7). Le plus souvent, c’est lui qui offre de l’encens. Brûlé au Temple, l’encens évoque la divinité du Christ.

  • Gaspar est le plus jeune et son nom signifie « gardien du Trésor », ce trésor étant la découverte de Dieu. Gaspard serait celui qui a offert de la myrrhe qui symbolise la passion, les joies et les souffrances du Fils de l’homme.

A la suite des mages mettons-nous en marche nous aussi vers le Christ Jésus, lumière du monde. Nous n’avons pas d’étoile pour nous conduire jusqu’à lui mais nous avons la Parole. Parole de Dieu, parole pour notre vie qui peut nous guider et que nous pouvons faire connaître au monde puisque cette parole est Bonne Nouvelle. Les mages se sont laissés menés par l’étoile. Nous pouvons nous laisser mener par la Parole de Dieu, en la laissant nous habiter, s’enraciner en nous. Sous l’action de l’Esprit elle pourra ainsi inspirer nos pratiques, nos décisions, nos actions même si, comme les mages, elle n’est pas toujours à notre portée. Marie non plus ne comprenait pas toujours tout, mais elle gardait toutes ses choses dans son cœur. Or le cœur est le lieu de la présence de Dieu en nous. Et adorer revient à garder dans notre cœur la Parole que nous avons méditée ou bien telle ou telle scène d’évangile que nous avons contemplée. Ainsi nous pourrons semer des étoiles de joie pour éclairer la vie tout autour de nous.

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