Homélie du 5ème dimanche dimanche ordinaire B - Marc 1, 29-39



Aujourd´hui, tout le monde semble chercher quelque chose, tous à ne pas choper de virus et chacun de son côté, celui-ci cherche un travail, l´autre cherche un logement, celle-ci cherche l´âme sœur, l´autre cherche à manger ou encore à arrêter de boire. Ces recherches existent déjà au temps de Jésus, mais les gens qui étaient à la recherche de toutes ces choses ont tout laissé tomber dès qu´ils ont vu Jésus « Tout le monde te cherche ». Une parole qui laisse entendre que dans la vie il n´y a que Jésus qui compte.


Le récit commence par la guérison de la belle-mère de Pierre. Elle est atteinte de fièvre. Jésus la guérit. Ce petit miracle est rapporté en utilisant exactement des mots habituellement réservés à la description de la résurrection. Il est dit qu’elle était « couchée » et non pas qu’elle était au lit. Elle était « étendue », comme le sont les morts. Et il n’est pas dit qu’il la guérit, mais qu’il la fit « se lever » et l’expression « faire se lever » désigne habituellement dans l’Evangile l’action de ressusciter ! Quand Jésus intervient dans l’existence de quelqu’un c’est pour le faire passer d’une situation de mort à une situation de vie.


Sans que les choses soient dites, nous percevons que les relations que Jésus établit sont placées dans cette perspective de la résurrection. Elle prend alors un sens qui ne désigne pas seulement le fait de survivre à notre propre mort mais qui est le fait de vivre dès maintenant la réalité de la présence de Jésus à nos côtés, jusqu’au plus profond de nous et entre nous. À peine couché, je me dis : “Quand pourrai-je me lever ?” (Job 7,6).


Pour être relevé, res-suscité, il s’agit de se laisser libérer de ce qui, en nous et entre nous, entraîne dans la mort. Nous avons ici toute une série d’actions libératrices de Jésus. Ces actions ont lieu en pleine nuit et la foule est nombreuse. Toute la ville est là, est-il dit, c’est dire que chacun est concerné. Le soir n’en finit pas : je suis envahi de cauchemars jusqu’à l’aube (Job 7,7).La nuit n’est pas seulement l’absence de jour, c’est aussi l’absence d’espérance, la nuit signifie l’incapacité que l’on a de voir la situation à venir, la nuit n’est pas seulement physique, elle est spirituelle. Elle désigne cette situation qui fait que tous les fantasmes, tous les démons s’en donnent à cœur joie et se comportent comme si Dieu n’avait aucun pouvoir sur eux. Vraiment, la vie de l’homme sur la terre est une corvée, dit Job (7,1). Le poids du destin devient trop lourd et nous nous sentons enfermés dans une nuit épaisse condamnés à subir un destin que nous ne maîtrisons pas. C’est dans cette nuit épaisse que Jésus se tient. C’est là que les disciples le trouvent alors qu’il fait encore noir. Ils lui disent l’angoisse des hommes et Jésus répond qu’il est là pour les soulager. Jésus était sorti dans la nuit pour prier c’est-à-dire que pendant que les hommes dormaient, Jésus lui, veillait. Souviens-toi, Seigneur : ma vie n’est qu’un souffle. (Job 7,7) Quand nous avons peur, il est là et il prie, c’est sa manière à lui d’être efficace.


Une activité harassante, au service des malades et des possédés, puis une longue prière en solitude. C’est le rythme du Fils de Dieu. C’est ainsi qu’il vit intensément son union avec le Père qui l’envoie et sa solidarité avec les hommes qu’il vient sauver. Authentiquement homme lorsqu’il est seul devant Dieu ; réellement Fils de Dieu lorsqu’il est perdu dans la foule des hommes. C’est ce même Jésus qui se « lève », très « tôt le matin », (les mêmes mots encore que pour parler de la résurrection) dans un lieu désert, pour éveiller l’aurore, pour accueillir, tourné vers Dieu, la lumière du jour nouveau, et qui élargit chaque jour le champ de sa mission et de son témoignage : « Allons ailleurs, pour que là aussi j’annonce le message ! » Aller ailleurs, c’est espérer encore ; c’est d’abord découvrir aux profondeurs de notre aujourd’hui une vie qui va de l’avant et que rien ne peut arrêter ; c’est encore accueillir cette vie par un « oui » de tout notre être. En nous lançant dans cette vie, nous sommes conduits à poser, ici et maintenant, au milieu des aléas de notre existence en société, des signes d’un autre avenir, des semences d’un monde renouvelé qui, le moment venu, nous l’espérons, porteront leur fruit. « Allons ailleurs ! »

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