Homélie du 2ème dimanche ordinaire B - Jean 1, 35-42




Des hommes qui passent… Dans la rue, regardez-vous encore les gens que vous croisez depuis que nous sommes presque tous masqués ? Qu’y a-t-il derrière ces masques ? Quels visages ? Quels soucis ? Quels espoirs ? Quelles détresses ? Quelle attente ? Parfois, on devine ce qui se passe en regardant les yeux que l’on aperçoit, mais aussi tout le langage du corps, non verbal : fermeture, joie, inquiétude... Et où vont-ils tous ces hommes ? Qu’est-ce qui les fait marcher et courir ? Chacun passe avec son secret. Quoi qu’ils puissent chercher et attendre, ce sont des hommes cherchés et attendus par Dieu. Au-delà de leurs désirs immédiats (le savent-ils ?) il y a la recherche de la «demeure», du lieu de la plénitude et du désir comblé. Repos après le souci et la recherche. Les disciples de Jean sont typiques : s’ils viennent auprès du Baptiste, c’est qu’ils sont fatigués des combats douteux, de l’errance à la recherche de valeurs peu sûres. Où est le lieu du combat ? Du vrai combat incontestable ? Repos et combat ne sont pas incompatibles ; on peut trouver le repos dans le combat si ce combat est sûr et libère des luttes vaines. Bref, les disci­ples de Jean attendent du nouveau ; du nouveau qui soit le dernier en ce sens qu’après ce nouveau il n’y aura rien d’autre à chercher et à attendre. Et Jean, de fait, annonce le renouvellement vrai et définitif. « Voici l’agneau de Dieu… » « Voici l’agneau de Dieu », dit Jean le Baptiste. Cette expression est assez énigmatique, déjà pour les contemporains même de Jésus et encore plus pour nous qui ne sommes pas en contact régulier avec des agneaux. Et moi, si je devais désigner Jésus à quelqu’un, avec quels mots le ferais-je ? Voici le Messie ? Voici mon Dieu ? Voici le Christ ?… Je peux prends le temps dans ma prière de dire avec mes mots qui est Jésus pour moi, et de lui demander de le connaître toujours davantage. Ils entendirent « Les deux disciples entendirent ce qu’il disait. » Cette phrase est étonnante : Jean le Baptiste est avec ses disciples, il dit quelque chose, on peut donc supposer qu’ils l’entendent. Si la précision est là, c’est sans doute parce que ce n’est pas si évident et si on y regarde bien, les moments où l’on est vraiment entendu ne sont pas si fréquents… Moi-même je peux me demander comment j’écoute, et comment je suis écouté, ou non. Je demande au Seigneur la grâce de savoir écouter et entendre la parole de mes frères et sœurs et la Sienne. Ils suivirent Jésus Les disciples entendent Jean le Baptiste et suivent Jésus. Tout se joue très vite, en à peine quelques phrases. Sur la parole d’un homme de foi, ils quittent tout pour aller à la suite de Jésus. Je peux me demander qui sont les personnes, quels ont été les Jean le Baptiste de ma vie qui m’ont montré Jésus et m’ont invité à le suivre. Quelles sont les paroles, les attitudes, les engagements qui m’ont touché chez eux ? Je peux aussi demander au Christ la grâce de le suivre chaque jour et d’avoir à mon tour une parole de foi le reconnaissant comme l’Agneau de Dieu. Que cherchez-vous ? « Que cherchez-vous, demande Jésus aux disciples ? » Il arrive que dans un magasin on nous demande : « vous cherchez quelque chose ? » mais en général on demande rarement : « que cherchez-vous ? » Je peux me représenter la scène, me voir moi-même comme l’un de ces disciples qui se mettent à la suite de Jésus. J’imagine comment Jésus me regarde, me parle, et comment je réagis : est-ce que la question de Jésus provoque en moi de la peur, de la confiance, de l’élan ? Et quelle est la réponse que je fais à Jésus, quel est ce que je cherche ? Je formule ma demande, ma recherche, avec la foi que Jésus pourra y répondre. Venir et voir Les disciples demandent à Jésus où Il demeure, il leur répond par une invitation : « venez et vous verrez. » Il renvoie au réel, à l’expérience concrète, ne se lance pas dans un grand discours. Tout commence par un pas, par une prise de risque. Il faut venir, s’approcher, se lancer. Telle est la démarche de la foi. Parfois on préférerait peut-être voir sans venir. Pouvoir regarder de notre canapé ce qui nous attend, pour décider ensuite si ça vaut la peine de se bouger. Mais Jésus nous appelle à autre chose. Alors demandons-lui la force, la foi et la confiance, de venir à lui. Des paroles qui mettent en mouvement Cette scène est faite de paroles et de mouvements. De paroles qui mettent en mouvement. Des paroles simples mais qui changent tout et qui entraînent des hommes ordinaires à changer de vie. Elle est faite aussi de regards : regard de Jean sur Jésus, de Jésus sur les disciples puis sur Pierre. Quelles sont les phrases qui nous ont mis en mouvement, qui ont été comme un « déclic » pour nous et pour la communauté ? Ce peut être des phrases de la Bible ou tel ou tel passage de livre ou de film? Faisons mémoire des regards qui font du bien, qui nous ont aidés à grandir comme frères et sœurs. Demandons au Seigneur de venir convertir nos regards et nos paroles, afin d’avoir à notre tour des paroles et des regards porteurs de vie pour d’autres, d’habiter notre parole.


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