Homélie du 17ème dimanche ordinaire A - Matthieu 13, 44-52

Mis à jour : sept. 12


Frères et sœurs,

Nous le savons bien, et les lectures bibliques entendues aujourd’hui nous le confirment, rien n’est plus important que ce que répond le Seigneur à la demande de Salomon : « puisque tu as demandé le discernement, l’art d’être attentif…je te donne un cœur intelligent et sage ». Salomon, devenu roi d’Israël, a hérité du pouvoir sur tout un peuple. La sagesse que Dieu donne en cadeau à l’humanité lui permet de gérer la nature et de former des communautés dont le ferment est la présence même de l’évangile, levain dans la pâte et minuscule petite graine de sénevé. Le don de la sagesse est celui même de l’intelligence qui permet de discerner le bon et le mauvais.

C’est bien ce que nous disent encore les paraboles de l’évangile d’aujourd’hui : il s’agit de choix et de tri. C’est l’activité la plus spécifique de la sagesse, qui est l’art de bien discerner. Cette sagesse est en quelque sorte le jugement de Dieu, comparé ici au filet jeté dans la mer. Elle est aussi le jugement des humains, qui deviennent à même de distinguer les valeurs authentiques, celles qui inscrivent le durable, l’éternel dans nos existences. Quand la parabole parle « de tout ce que possède l’homme », ce n’est pas pour que l’homme le méprise, car, grâce à ces biens, il peut acquérir la perle ou le champ recélant le trésor. A chaque fois j’en fais un bon usage, lorsque je m’en sers pour faire progresser le Royaume. Par la sagesse, je puis décrypter mon univers et ma vie, en y découvrant peu à peu ce que l’Ecriture appelle « les choses cachées depuis le commencement ». Saint Paul appellera cette sagesse, don de Dieu, l’Esprit Saint lui-même.

Ces deux paraboles nous invitent à cette sagesse qui discerne. Elles nous invitent aussi à la joie.

Remarquons le bien : nous sommes disciples du Christ, et nous comprenons l’entrée dans le Royaume comme quelque chose de rude, une traversée du désert, un renoncement et un sacrifice. C’est, bien sûr, l’itinéraire pascal, le « chemin de la vraie vie », écrira Saint Ignace. Et ces deux paraboles veulent nous orienter positivement: « quand vous choisissez le Royaume, à savoir ‘mettre le Christ au-dessus de tout’, vous ne perdez rien, vous gagnez tout ». C’est sûr, nous pouvons en faire l’expérience dans notre vie spirituelle, le choix pour le Christ est fondamentalement un choix pour le bonheur, pour notre béatitude ! Le Christ nous invite à réussir notre existence, à tirer le gros lot, à découvrir le vrai trésor.

Dans la parabole, l’homme qui découvre le trésor ne semble manifestement pas avoir été à sa recherche. C’est comme par hasard qu’il le découvre. D’autre part, le négociant en perles, lui, sait ce qu’il veut. Il est à la recherche de ce qui a le plus de valeur, de ce qui peut changer radicalement sa vie. Mais chacune de ces personnes fait à un certain moment la rencontre avec le Christ, c’est pour chacune une étonnante et bouleversante découverte. Je puis être cet homme au trésor, j’ai pu passer cent fois dans ce champ et je n’ai rien vu. Beaucoup vivent ainsi, ils ont entendu parler du Christ, mais cela ne les a pas touchés. Mais voilà qu’un jour, c’est la découverte, Jésus de Nazareth devient trésor. Cette découverte peut se faire par hasard, ou au terme d’une plus ou moins longue recherche, certes, mais l’étape cruciale est la suivante, comme le souligne la parabole : le trésor ne devient trésor qu’à partir du moment où l’on achète le champ. Et pour cela, il nous faut tout vendre, renoncer à tout, tout donner, jusqu’à notre propre vie. C’est bien l’aspect de renoncement de la vie chrétienne, mais ce renoncement est porté par ce mouvement plus profond en nous, c’est l’expérience de la joie d’avoir trouvé le trésor de notre vie, la fiancée ou le fiancé de mon cœur !

Oui, c’est bien de l’expérience d’être aimé et d’aimer qu’il s’agit dans ces paraboles, comme dans tout l’évangile et dans chacune de nos célébrations eucharistiques. Ce qui nous attire, ce qui nous anime, ce qui nous inspire, c’est sans aucun doute, de recevoir chaque fois à nouveau l’invitation du Christ lui-même : « venez à moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau, et je vous procurerai le repos ! » Nous approcher du Christ ressuscité qui nous appelle chacun et chacune par notre prénom, c’est accueillir l’expérience d’un amour qui nous enveloppe, qui nous fait exister, qui nous confie une mission unique. « M’aimes-tu ? » voilà ce que Jésus demande à chacun de nous. Et son Esprit nous donne cette joie profonde, ce trésor : pouvoir à nouveau lui répondre, « Oui, Seigneur, je t’aime… » et de réentendre à l’aboutissement de nos vies : « oui, ce que vous avez fait au moindre des miens, c’est à moi que vous l’avez fait. Entrez dans la joie de votre maître ».

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