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Homélie de la Fête de la Toussaint C - Mathieu 5, 1-12a

 

 

 

Frères et sœurs,

 

Oui, nous sommes créés pour voir Dieu. 

Les saints voient Dieu. Nous existons pour voir Dieu. Dans les lectures d’aujourd’hui, la vision est omniprésente. Dans la tradition chrétienne, la fin de l’histoire des hommes, c’est la vision de Dieu, appelée la vision béatifique, celle qui nous comble du bonheur de l’éternité, tous ensemble en communion d’amour avec Dieu notre Père, son Fils Jésus Christ et leur Esprit Saint.

Vision évoque images vues et contemplées. Parler du ciel, c’est parler de l’au-delà, essayer d’exprimer en mots le mystère même qui habite le langage humain, au cœur duquel se cache et se dévoile la Parole de Dieu, son Verbe, comme l’affirme saint Jean dans le prologue de son évangile. Et nous, les humains, créés à l’image et à la ressemblance de Dieu, nous sommes rendus capables de participer à la communication de Dieu qui toujours nous donne sa Parole.

         Ainsi chacun peut exprimer son désir de bonheur et de plénitude à partir de son vécu, avec ses mots et ses images à lui dans la ou les langues héritées. Chacun exprime quelque chose du sens qui le porte. Saint Paul parle beaucoup du corps et des membres de ce corps. Chacun révèle aussi quelque chose du visage du Christ ressuscité, car le Christ continue tout au cours de l’histoire de rejoindre chacun comme il l’a fait dans l’expérience des disciples d’Emmaüs.

La fête d’aujourd’hui peut nous faire vivre déjà quelque chose de la communion de tous en Dieu : Jésus-Christ nous a effectivement montré Dieu : « qui me voit, voit le Père » a-t-il répondu à Philippe, qui lui avait demandé « montre-nous le Père ». Oui, nous pouvons voir Dieu. La contemplation a une place sans cesse croissante dans nos vies. Si nous faisons confiance à Dieu.

         Dans le message de l’Apocalypse, Jean commence par dire « J’ai vu… » : Il déroule sa vision de l’histoire humaine, limitée, avec un début et une fin, et cet entretemps pour se laisser marquer par Dieu. Ce livre a été rédigé durant les persécutions des premières communautés chrétiennes : les empereurs romains ne toléraient guère qu’on refuse de leur adresser un culte. Jean, dans un langage crypté, place le Christ au centre de l’histoire et le représente sous la figure de l’Agneau qui a versé son sang pour tous les hommes, manifestant par là un amour à l’extrême, préférant perdre sa vie plutôt que de répondre au mal par le mal et la violence.

         « Ne dévastez pas la terre avant que nous ayons marqué du sceau le front des serviteurs de notre Dieu. » Ne pas dévaster : cela dit bien la finitude et la fragilité de notre terre. « Avant que nous ayons marqué… » exprime bien aussi dans quel entretemps nous vivons, combien notre histoire est pour un temps…

On a posé la question à Jésus : y en a-t-il seulement un petit nombre qui sera sauvé ? L’Apocalypse répond par toute une symbolique biblique à décrypter : les 144.000, ce sont douze fois douze mille, càd un nombre qui exprime la totalité de l’humanité symbolisée dans les douze tribus d’Israël, comme l’explicite la suite : « J’ai vu une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, une foule de toutes nations, races, peuples et langues ». Il s’agit effectivement de tous les hommes de toute l’histoire humaine depuis le début : Jean les voit tous à la fin de l’histoire devant Dieu, le Trône et devant le Christ, l’Agneau.

         Dans cet intervalle, dans cet entretemps, les hommes sont appelés, invités, à se laisser marquer par l’Esprit du Christ ; il s’agit d’un temps d’épreuve, donné à chacun pour découvrir et remplir la mission unique, la sienne propre, chacun va pouvoir se revêtir de blanc, se laisser purifier dans le sang de l’Agneau, càd à sa laisser plonger dans l’expérience d’une vie inspirée et transfigurée par l’amour, et « venir ainsi de la grande épreuve… » Et ce rappel insistant de saint Jean : Oui, Dieu nous a comblé, adoptés que nous sommes par le Père en son Fils, dans la lumière de l’Esprit. Cette ressemblance au Christ nous est confiée quand nous affinons dans l’entretemps de notre histoire la vision et la contemplation de Jésus : c’est lui qui nous montre dès maintenant qui est le Christ, puisque nous le verrons tel qu’il est.

         Et comment pouvons-nous le voir dès maintenant, peu à peu, chaque jour ? c’est évident : dans ces huit béatitudes que l’évangile selon Saint Matthieu nous a proclamées. Chacune de ces béatitudes est porteuse de valeur éternelle, ces béatitudes sont de l’ordre de l’amour, dans l’unité des deux grands commandements, rappelés dans les paraboles. Le Seigneur Jésus nous dit dès aujourd’hui, pour demain et en vue de toujours : deviens pauvre, deviens doux, apprends à t’attrister, combats pour la justice, laisse-toi attendrir, rends ton cœur limpide, construis la paix et assume sans angoisse, en confiance, les conséquences de ton style de vie évangélique…Voilà ce que Jésus nous dit, car Il a suivi le même chemin,Il est le vrai chemin qui conduit l’humanité vers Dieu. C’est la Toussaint. C’est Lui qui nous rassemble aujourd’hui avec tous les saints qui ont parcouru avant nous la voie de la grande épreuve dans l’action et la contemplation et qui ont aimé de tout leur cœur !

 

 

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