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Homélie de la Solennité de la Sainte Trinité - Jean 16, 12-15

16 Jun 2019

 

Notre Dieu n’est pas un Dieu « aérosol », dit le pape François : reconnaissons que Dieu n’est pas une chose vague, il est concret, ce n’est pas une personne abstraite, mais il a un nom : «Dieu est amour». Celui que nous appelons Seigneurest Trinité, disent les théologiens, c’est-à-dire qu’il est don mutuel, ouverture, accueil, chaleur, partage, souffle qui éveille, torrent, douceur, lumière, tendresse, relation, communion, amour… Il est Dieu et on ne peut l’approcher, le rencontrer, le reconnaître, qu’avec des mots d’amour. Dieu qui se révèle dans l’Histoire humaine.On pourrait même dire que dans l’affirmation du Dieu-Trinité, nous avons toute notre place ; nous faisons comme partie de ce Dieu qui se révèle dans l’Histoire. Rappelez vous cette belle prière de saint Grégoire de Nazianze reprise par un chant de Taizé : Ô toi l'au-delàde tout,quel esprit peut te saisir ?Tous les êtres tecélèbrent ;le désir de tous aspire vers toi.

1. Dieu est amour, comme Père. À Moïse qui demande à voir Dieu (Ex 33), Dieu lui réplique que personne ne peut le voir sans mourir. Par ailleurs, le livre de l’Exode raconte que Moïse a pu voir Dieu de dos (Ex 33,23). Moïse se tient debout sur le rocher ; Dieu passe devant lui en mettant sa main sur ses yeux, et lorsqu’il est passé, il enlève sa main et Moïse le voit de dos… Ce qui signifie qu’on ne peut découvrir ou reconnaître Dieu que par ses traces dans l’histoire… C’est après coup qu’on peut y déceler ses traces, par le recul et par la relecture de la situation. Moïse décèle à travers les événements de sa vie, les traces de Dieu et y découvre celui qui se définit lui-même : « le Seigneur, Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d’amour et de fidélité » (Ex 34,7).C’est le Dieu qui fait alliance avec nous et qui demeure fidèle à son alliance, malgré nos infidélités. Dieu nous aime comme un père ou une mère aime son enfant.

 

2. Dieu est amour, comme Fils.  Ce Dieu père s’est reconnu dans l’homme, à travers Jésus de Nazareth. C’est pourquoi l’évangile de Jean commence par ces mots : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique ». Dans le fond, ce que l’évangéliste Jean nous dit, c’est que Dieu se donne lui-même, par le don du Fils, et ce don n’existe qu’en fonction du salut du monde : « Ainsi, tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle » ; « car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé ».Ça veut dire que le salut prime sur le jugement ; le jugement est l’envers du salut. Donc, on n’a pas à juger et à condamner dans l’Église. On a à annoncer le salut, un point c’est tout. Le jugement s’applique seulement à celui ou celle qui refuse le salut ; ce n’est pas à nous d’en décider. 

 

3. Dieu est amour, comme Esprit-Saint. « Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans la vérité tout entière ».

On le retrouve partout dans la Bible… Il est présenté comme le souffle de Dieu, celui qui donne la vie. Dans la Genèse, l’Esprit préside à la création du monde ; il fait naître à la vie. Il accompagne les événements de la vie de Jésus : il est là au moment de sa conception jusqu’à sa mort et résurrection. Il est donné aux disciples par le Christ lui-même qui souffle sur eux au soir de Pâques (Jn 20,22). L’Esprit habite les chrétiens de tous les temps, et c’est lui qui nous permet de dire : « Jésus est Seigneur » (1 Co 12,3). 

Donc, porter un regard sur Dieu-Trinité, cela change ma manière de voir les autres et moi-même. Les autres, je ne les veux plus semblables à moi-même. Je ne veux plus qu’autour de moi naissent des clones. Je veux les autres différents, autres, eux-mêmes. Et que je sois moi-même ! 

Je voudrais finir par une petite histoire qui dit quelque chose de cette ouverture qui se passe en Dieu : un jour où j’ai invité un groupe d’enfants à découvrir la belle icône de la Trinité d’Andreï Roublev. Les enfants étaient là, en silence, devant l’icône, bien présentée et bien éclairée ; nous étions avec eux et on attendait qu’ils parlent. Leurs premières expressions ont porté sur les personnages, leur attitude, leurs visages, leurs ailes, la table devant laquelle ils se trouvent. Et puis les langues se sont déliées et voici le dialogue que j’ai entendu entre les enfants et que je n’ai pas oublié : l’un dit : « Sûrement ils se parlent », un autre : « On dirait qu’ils regardent dans notre direction ! » « Mais oui, dit un troisième, c’est nous qu’ils regardent - Alors ils parlent de nous et qu’est ce qu’ils disent ? – Oh ça, c’est pas difficile, il y en un qui dit aux deux autres : ‘Ca va trop mal en bas, il va falloir que l’un de nous descende ! » 

Alors, comme le dit l’hymne liturgique :« Que la grâce du Seigneur Jésus Christ, l’amour de Dieu le Père et la communion de l’Esprit Saint soient avec vous tous » (2 Co 13,13) « pour son immense gloire ».

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