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Homélie de la Fête de la Toussaint - Matthieu 5, 1-12a

 

 

Frères et sœurs,  

            Oui, nous sommes créés pour voir Dieu. Dans les lectures d’aujourd’hui, la vision est fort présente. Dans la tradition chrétienne, la fin de l’histoire des hommes, la fin de notre biographie à chacun, c’est la vision de Dieu, appelée aussi vision béatifique, celle qui nous comble du bonheur de l’éternité, tous ensemble en communion d’amour avec notre Dieu, Père, Fils et Esprit Saint.

            Tous ensemble, en compagnie de tous les saints canonisés, tous les hommes marqués par l’appel de l’évangile : ils ont vécu la charte des chrétiens, ces béatitudes que nous venons d’entendre proclamées. 

Tous nos frères et sœurs les saints… Ils sont vivants, en Dieu et pour nous, ils sont bienheureux ! Leur vie sur terre nous dit ce chemin de bonheur des béatitudes.

Chaque être humain s’essaye à exprimer son désir de bonheur et de plénitude à partir de ses propres expériences de la vie, avec ses mots et ses images à lui. Chacun dit ainsi quelque chose du sens qui l’habite. Une image que saint Paul utilise beaucoup, c’est celle du corps et des membres du corps. Chaque membre révèle quelque chose du Christ ressuscité, Lui qui continue, dans notre histoire, à se rendre proche de chacun et à l’accompagner sur la route, comme autrefois sur le chemin d’Emmaüs.

            Cette fête de la Toussaint nous permet de célébrer déjà la communion de tous en Dieu, grâce au Christ :  en Lui Dieu s’est montré, désormais nous pouvons apprendre à le voir. 

            Dans l’Apocalypse, saint Jean commence par nous dire « j’ai vu… » : il déroule sa vision de l’histoire : une histoire limitée pour chacun à un temps pour se laisser marquer par Dieu. 

Ce livre de l’Apocalypse a été écrit durant les persécutions des premières communautés chrétiennes, car les empereurs romains ne toléraient guère qu’on ne leur adresse pas un culte ; en langage crypté, l’Apocalypse de Jean met au centre de l’histoire le Christ, sous l’image de l’Agneau : il a versé son sang pour tous les hommes et a manifesté ainsi un amour qui préfère donner sa vie plutôt que répondre au mal par le mal et la violence.

            « Ne dévastez pas la terre avant que nous ayons marqué du sceau le front des serviteurs de notre Dieu. » Ne pas dévaster… cela dit la finitude de la terre, cela dit que l’histoire humaine a une fin… Avant : cela dit que nous vivons un entre temps, qui est notre histoire à chacun.

            On a demandé à Jésus : y en a-t-il seulement un petit nombre qui sera sauvé ? Et l’Apocalypse répond ici par toute une symbolique  qu’il faut apprendre à décrypter : les 144.000, ce sont douze fois douze mille, c’est à dire un nombre exprimant la totalité de l’humanité, symbolisée dans les douze tribus d’Israël ; c’est ce qui est répété et explicité plus loin : « j’ai vu une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, une foule de toutes nations, races, peuples et langues ». Oui, c’est bien tous les hommes de toute l’histoire humaine depuis qu’elle existe, que Jean voit à la fin de l’histoire devant Dieu (le Trône) et le Christ (l’Agneau).

            Ce temps, cet entre temps, où nous sommes appelés à nous laisser marquer par l’Esprit du Christ, est un temps d’épreuve, chacun est appelé à remplir la mission unique que sa personne unique peut remplir… chacun est appelé à se revêtir de blanc, à laver ses vêtements et à les purifier dans le sang de l’Agneau, c’est à dire, à se laisser plonger dans l’expérience de l’amour du Christ, de donner sa vie pour ses frères, de laisser l’Esprit du Christ le transformer : tous nous nous entendrons désignés ainsi: « Ils viennent de la grande épreuve… »

            Dans sa lettre, saint Jean nous rappelle à nouveau : oui, Dieu nous a comblé du plus grand amour, nous sommes véritablement enfants, enfants du Père de Jésus, adoptés en plénitude et semblables au Fils de Dieu…

Et de nouveau, cette ressemblance au Christ, elle nous est donnée, offerte dans la vision, à affiner dans l’entre temps de l’histoire, la vision, la contemplation de Jésus qui nous montre dans l’entre temps qui est le Christ : parce que nous le verrons tel qu’Il est !

            Et comment le verrons-nous ? Comment pouvons-nous le voir dès maintenant, peu à peu, chaque jour ? Dans ces huit béatitudes que Matthieu nous a énoncées…

            Le vrai bonheur, déjà définitif, est de l’ordre de l’amour, de l’unité des deux commandements. Jésus me dit aujourd’hui, pour demain et pour toujours : deviens pauvre, deviens doux, apprends à t’attrister, bats-toi pour la justice, fais en toi place à la miséricorde, rends ton cœur limpide, construis la paix et assume les conséquences de ton combat pour la justice, … Jésus me dit cela, car Il a suivi le même chemin, Il est le vrai chemin de l’humanité en route vers Dieu, et c’est Lui qui nous rassemble aujourd’hui avec tous les saints, toutes ces femmes et tous ces hommes qui ont parcouru avant nous la voie de la grande épreuve et qui ont aimé de tout leur cœur !

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