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Homélie du 10ème dimanche ordinaire B - Marc 3, 20-35

 

Frères et sœurs, 

 

Nous venons de l’entendre dans l’évangile, pour les gens de chez lui, Jésus avait perdu la tête, ce qu’il était en train de faire était de la folie ! C’est bien vrai, Jésus est venu chez les siens et les siens ne l’ont pas reçu. Mais cette folie de Jésus était la folie de Dieu, cela ne doit pas nous surprendre, car Dieu est le Tout Autre, ses pensées ne sont pas nos pensées ( cf le prophète Is 55, 8) ou saint Paul 1 Co 1,25), « ce qui est folie de Dieu est plus sage que les hommes. » Nous connaissons bien la suite de notre l’histoire. La prétendue sagesse des hommes a éliminé Jésus ; Dieu, par sa folie, a sauvé le monde.

Cependant, c’est bien cette discussion de Jésus avec les scribes qui révèle un enjeu vraiment crucial. Ils prétendent que Jésus est possédé par le démon. Jésus répond par un premier argument, d’ordre logique : toute division engendre inmanquablement la faiblesse.

Puis Jésus leur fait voir que dans les faits, c’est lui qui est le vainqueur du mal : « Si moi, Jésus, dans la maison de l’homme fort Satan, je me suis rendu maître, alors c’est que je suis effectivement plus fort que ce Satan, puisque moi j’expulse les démons. » Enfin Jésus rappelle avec insistance que Dieu pardonne toujours, il le fait même à ceux qui l’on pris pour un fou !

Mais Jésus dit aussitôt : il existe un péché impardonnable, le blasphème contre l’Esprit Saint. Pourquoi emploie-t-il cette expression ? Que s’est-il passé au juste ? 

Rappelons-nous le contexte de l’évangile aujourd’hui, l’impressionnant et fulgurant début de l’évangile de Marc (1 et 2) :

Jésus inaugure sa prédication. Il appelle les quatre premiers disciples.

Il enseigne à Capharnaüm et guérit un démoniaque

Il guérit la belle-mère de Pierre

Il fait de multiples guérisons

Il quitte secrètement Capharnaüm et parcourt la Galilée

Il guérit un lépreux

Il guérit un paralytique et lui remet ses péchés

Il appelle Lévi Matthieu

Il mange avec les publicains

Il discute sur le jeûne et sur les épis arrachés le jour du sabbat. Il guérit un homme à la main desséchée.

Des foules nombreuses le suivent. Il institue les Douze apôtres

 

Avec tout cela, la réputation de Jésus est parvenue à Jérusalem, on dit partout qu’il guérit les malades, et qu’il expulse les démons. Le peuple, dans sa simplicité, ne s’y trompe pas et reconnaît là l’oeuvre de Dieu. Et c’est bien pour cela que l’on vient à lui en foule. Mais certains scribes, descendus de Jérusalem, sont tellement loin de Dieu maintenant, qu’ils ne savent même plus reconnaître l’oeuvre de Dieu. C’est bien cela que Jésus leur reproche : leur attitude ressemble à celle du serpent du jardin de la Genèse. Le serpent avait prétendu révéler à l’homme et à la femme que Dieu, en donnant sa loi, était profondément malfaisant, malveillant ; le discours du serpent, était : « Dieu vous interdit les fruits de cet arbre, sous prétexte qu’ils sont vénéneux, mais au contraire, c’est pour les garder pour lui, parce qu’ils sont excellents ». Jésus ne traite pas les scribes de serpents, mais il n’en est pas loin ; leur discours, en effet, ressemble à une mise en garde,à une défiance fondamentale. Ces scribes ne disent-ils pas : « Vous prenez Jésus pour un bienfaiteur de l’humanité, mais vous ne voyez pas qu’il est votre ennemi, puisqu’il est l’ennemi de la vraie religion. »
Prêter des arrière-pensées malveillantes à Celui qui n’est qu’Amour, c’est cela que Jésus appelle « blasphémer contre l’Esprit ». Car c’est au moment même où Jésus guérit que les scribes le traitent de démon ; c’est n’avoir vraiment rien compris à l’amour de Dieu. Et, du coup, ils deviennent incapables de l’accueillir. Car on sait bien que l’Amour ne peut se donner que s’il est accueilli. Voilà pourquoi Jésus dit que ce péché-là est impardonnable : ce n’est pas que Dieu refuserait de pardonner, ce sont les coeurs des scribes qui sont fermés.
La fin du texte va exactement dans le même sens : « Qui est ma mère ? Qui sont mes frères ? ... Voici ma mère et mes frères. Celui qui fait la volonté de Dieu, celui-là est pour moi un frère, une soeur, une mère. » En d’autres termes, pour reconnaître le doigt de Dieu à l’oeuvre, encore faut-il être de la famille de Dieu. Jésus dit cela en regardant tous ceux qui étaient en cercle autour de lui, c’est-à-dire cette foule qui accourait vers lui, parce qu’elle reconnaissait en lui la présence de l’Esprit. Là encore, on croit entendre Saint Jean : « Il est venu chez lui et les siens ne l’ont pas reçu... Mais à ceux qui l’ont reçu, à ceux qui croient en son nom, il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu. » (Jn 1, 12).

 

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