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Homélie du 5ème dimanche de Pâques B - Jean 15, 1-8

 

« Sans moi, vous ne pouvez rien faire».  D'accord on reconnaît qu'on a de temps en temps besoin de Dieu, mais de là à dire que sans lui on ne peut rien faire.  Je suis fier de ce que j'ai fait.  Je suis fier de ce que je suis.  Je l'ai fait avec mes mains, avec mon courage, avec mon intelligence. 

Mais, en toute honnêteté, et c'est ça le malheur, il faut qu'une épreuve me rappelle qui je suis, ce que je suis en réalité.  Ce peut être une épreuve physique, un grave accident.  Ce peut être une épreuve morale, un grave échec professionnel.  Ce peut être une grave épreuve affective, une rupture, une violente dispute.  Sans cesse nous nous enfermons dans un monde artificiel de certitudes.  Ca marche.  Ca continue.  Mais rien ne continue.  Tout change sans cesse.  Le monde autour de  nous.  Les personnes avec lesquelles nous vivons.  Et nous-mêmes.  Nous avons de nouvelles attentes, de nouvelles espérances, de nouvelles angoisses, de nouvelles causes de désespérance.  Et c'est alors que l'on comprend mieux cette constatation : « sans moi, vous ne pouvez rien faire ».  C'est vrai que nous ne pouvons rien faire.  La vie que j'ai, c'est lui qui me l'a donnée.  La santé que j'ai, c'est lui qui me l'a offerte.  La réussite que j'ai pu avoir, ce n'est que la mise en pratique des dons qu'il m'a donnés. « Qu’est-ce que tu as que tu n’aies reçu ? » 

 

« Sans moi, vous ne pouvez rien faire »: C’est simplement la constatation qu'il s’agit de laisser Dieu prendre toute sa place dans notre vie pour lui permettre de laisser éclater en nous les qualités qu'il a lui-même déposées.

 

Jésus est le plus humble et le plus compatissant des hommes. Comment pouvons-nous savoir que nous sommes en lui ?Nous sommes ses sarments et nous ne pouvons que nous réjouir lorsque certains d'entre nous en portent beaucoup. Il n'y a aucune raison de les jalouser car les fruits de Dieu ne sont pas le succès qui est toujours éphémère ou encore la réussite sociale, non les fruits divins portent les noms d'actes d'amour, de gestes de tendresse. Nous sommes donc invités à nous réjouir lorsque d'autres se mettent à donner beaucoup de fruits car il y a un pendant à une telle réjouissance. Si je peux me réjouir lorsque quelqu'un réussit sa vie à partir de qui il ou elle est, je pourrai également avoir de l'empathie, de la compassion lorsque quelqu'un passe à côté de lui-même ou se trouve en situation de souffrance. En effet, la vraie personne compatissante est celle qui se réjouit du bonheur de l'autre car si je ne suis pas capable d'une telle joie lorsque quelqu'un porte du fruit, ma compassion est mensonge. Comment, en vérité, pouvoir accompagner quelqu'un dans sa détresse, si je ne suis pas en même temps heureux du bonheur d'un autre. Ma compassion ne serait plus compassion mais pitié, voire réjouissance d'aller bien lorsque l'autre ne le va pas. Alors sommes-nous des êtres compatissants, pleins d'empathie face à la souffrance de l'autre ? Pour le savoir, c'est très simple, il suffit d'être capable de pouvoir de se réjouir lorsque mon prochain donne non pas des fruits mais beaucoup de fruit. C'est de cette manière que nous serons, dans l'Esprit, Dieu à l'œuvre en notre monde.

 

Je relève un dernier point présent dans les deux lectures précédent l’évangile : dans la 1ère lettre de Jean : « nous avons de l’assurance devant Dieu. » et dans le livre des Actes : Paul « s’était exprimé avec assurance au nom de Jésus ». Parler avec assurance des choses de Dieu. C’est très beau, très fort. Je vous souhaite à vous jeunes du MEJ d’apprendre cela. Comment ? En les connaissant par expérience.  

Mais avant, je vais faire appel au Pape François qui attire notre attention sur une dérive possible, lorsqu’on répète un discours qui veut imposer un point de vue, de manière plus subtile : « Et quelle pourrait être la plus grande erreur ? Parler de Dieu, trouver Dieu, rencontrer Dieu, mais un Dieu, un « Dieu-vaporisateur », un Dieu diffus, un Dieu éthéré... Ignace voulait que tu rencontres Jésus-Christ, le Seigneur qui t’aime et a donné sa vie pour toi, blessé à cause de ton péché, à cause de mon péché, à cause de tous... Et les blessures du Seigneur sont partout. Nous pouvons beaucoup parler de bonnes choses, parler de Dieu... mais la voie est que tu sois capable de contempler Jésus-Christ, de lire l’Évangile, ce qu’a fait Jésus-Christ : c’est lui, le Seigneur ! Et d’être amoureux de Jésus-Christ et de dire à Jésus-Christ de te choisir pour que tu le suives, pour que tu sois comme lui. Et cela se fait dans la prière, et aussi en touchant les blessures du Seigneur. Tu ne connaîtras jamais Jésus-Christ si tu ne touches pas ses plaies, ses blessures. Il a été blessé pour nous. C’est cela la route, c’est la route que nous offre à nous : le chemin... 

Parler de Dieu avec assurance. C’est laisser advenir ce que nous disons dans la prière MEJ :


Fais de nous des frères, Tu nous rassembles en Tes mains

Fais de moi Seigneur le témoin devant chacun

De ce que j'ai vu, de ce que j'ai entendu

De ce que je crois, de tout ce que j'ai vécu

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