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Homélie du Dimanche des Rameaux B - Marc 14, 1 – 15, 47

 

 

Par l’entrée triomphale à Jérusalem, Jésus mani­feste qu’il est le Messie (le Christ, celui qui a reçu l’onction, l’Envoyé), la puissance même de Dieu, le Sei­gneur. Donc, la vérité de toute chose et de tout homme. Il va faire, en quelque sorte, une démonstration « c’est un exemple que je vous donne, faites cela les uns aux autres » : il va démontrer que toute la puissance de Dieu est service, que le vrai pouvoir n’est pas domination mais libération. Il va s’inscrire en faux contre la « sagesse humaine », pour laquelle l’homme vrai est le dominateur, celui qui réussit, celui qui préserve sa vie à tout prix (au prix de celle des autres). Il va démontrer que l’homme vrai est celui qui aime et que donner sa vie, c’est la sauver définitivement (ressusciter). C’est l’ensemble du trajet accompli par le Christ en sa Pâque. De Dieu à l’homme pécheur et de l’homme à Dieu. Le Christ a été fait péché dit Paul (2 Corinthiens 5, 21). Pilate pourra dire « Voici l’homme » en montrant le Christ défiguré. Mais alors, on peut dire, devant tout homme défiguré : « Voici Dieu. »

 

En Jésus, nous voyons Dieu qui ne se contente pas d'attendre le retour de l'enfant prodigue que nous sommes, mais poussé par son immense amour, il vient à notre rencontre et prend sur lui notre péché et notre culpabilité. "Adam où es-tu ? Je viens prendre ta place afin de te donner la mienne, cette place d’enfant aimé du Père qui t'est réservée de toute éternité".

La Pâque est le combat que Dieu mène pour nous arracher à nos ténèbres, à ce choix dément, que nous faisons sans cesse, de consentir au mal et à la mort. Pour cela, il entre dans nos ténèbres elles-mêmes ; il vient manifester la puissance de la résurrection au sein de notre mort, l’amour au cœur de la violence, au plus profond de la haine meurtrière. C’est le geste créateur de Dieu tirant l’homme du néant. Mais ce néant, il vient s’y engloutir avec nous : « Il est des­cendu aux enfers ». La lumière vient luire dans l’épaisseur de notre nuit. Jésus se relève. Et, en lui, nous trouvons la garantie de notre propre relèvement, les arrhes de notre résurrection.

 

En communiant à ce repas auquel nous invite Jésus aujourd'hui il nous dit comme à ses disciples : "Je dispose pour vous du Royaume, comme le Père en a disposé pour moi. Ainsi vous mangerez et boirez à ma table dans mon Royaume". Il donne raison à notre désir et à notre espérance de vivre. La Jérusalem où nous entrons à sa suite, c’est la vie même de Dieu, au-delà de la mort que nous avions choisie, le chemin d’éternité.

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© 2014 Communauté Jésuite du Christ-Roi,  25 avenue Gaston Diderich L-1420 Luxembourg

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