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Homélie du 2ème dimanche de l'Avent B - Marc 1, 1-18

 

 

Frères et sœurs,

« Consolez, consolez  mon peuple, dit votre Dieu ! » La première lecture nous invite avec insistance à marquer notre solidarité avec tous nos frères qui vivent la désolation et la tristesse. C’est le message du prophète Isaïe et Saint Marc le reprend : ce sont les premières paroles de son évangile. « Commencement du ciel et de la terre » d’un côté, « Commencement de la Bonne Nouvelle… », de l’autre. Marc nous suggère ainsi, qu’en Jésus, Dieu prend un nouveau départ, lance une nouvelle création. Ce temps de l’Avent, commencé dimanche dernier par l’invitation à veiller,  nous invite à repartir, à ranimer en nous la flamme de l’espérance. Commencer à partager avec toute l’humanité la « Bonne Nouvelle » : cette  expression, souvent transcrite du grec « évangile », n’est pas un livre. La « Bonne nouvelle », c’est la résurrection, c’est Pâques. Notre foi nous ouvre à une heureuse, extraordinaire et joyeuse « nouvelle » : le Seigneur vient, il nous ouvre dès maintenant les portes de la vie ! Nous sommes faits pour vivre toujours, en Christ, fils et filles bien-aimés du Père. « Consolez, consolez mon peuple, dit votre Dieu ! »

Meurtri par tant de guerres et par toutes les misères qui s'ensuivent, notre temps, relié à celui du prophète, a grand besoin aussi de consolation.  « Consolez, consolez mon peuple, dit Dieu.  Parlez au coeur de Jérusalem et proclamez  que... son crime est pardonné. »  Le Seigneur, dit encore Isaïe « vient avec puissance et son bras est victorieux ».  Que veut dire que « son bras est victorieux » ?  Viendrait-il comme un guerrier puissant?  --  Non, la suite du texte nous dit au contraire qu'il vient comme un berger et que « son bras rassemble les agneaux, il les porte sur son coeur, et il prend soin des brebis qui allaitent leurs petits ».

            Encore faut-il que cette venue du Seigneur venant consoler son peuple soit préparée.  Une voix, dit encore le prophète, proclame:  « Préparez à travers le désert le chemin du Seigneur.  Tracez dans les terres arides une route aplanie pour notre Dieu.  Tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées, les passages tortueux deviendront droits et les escarpements seront changés en plaine.  Alors la droite du Seigneur se révélera... »

            Les montagnes à abaisser et les ravins à combler à l'approche de Noël, ce sont les montagnes d’opulence des pays sursaturés et les ravins de pauvreté des trop nombreux autres. Tant que ces écarts sans cesse croissants n'auront pas été comblés, tant que les chemins tortueux satisfaits de négociations de façade n'auront pas été redressés, Dieu restera bien absent de notre monde, même s'Il continue toujours d'habiter les cœurs de pauvres, des humbles et des pacifiques.  Convertissons nos cœurs et nos habitudes de vie en hospitalité généreuse dans cette maison commune à restaurer, à protéger et à embellir.

Oui, se convertir !  C'est le premier mot du message de Jean-Baptiste, comme du message initial de Jésus.  Jean « proclamait un baptême de conversion pour le pardon des péchés » nous dit Marc.  Et nous savons par le texte parallèle de Luc ce que Jean entendait par « conversion ».  Aux foules qui lui demandaient: « Que nous faut-il donc faire? » il répondait:  « Si quelqu'un a deux tuniques, qu'il partage avec celui qui n'en a pas;  si quelqu'un a de quoi manger, qu'il fasse de même. »  Aux collecteurs d'impôts il disait: « N'exigez rien de plus que ce qui vous a été fixé » et aux soldats: « Ne faites ni violence ni tort à personne ».  Voilà donc aussi notre programme !

         Ainsi, la venue du Seigneur se prépare d’abord en nous. Cherchons à enlever de nos vies tout ce qui n’est pas de Dieu. Apprenons à ne plus juger ou à ne plus condamner notre frère, même si ses actions sont mauvaises. En le rejetant, nous rejetterions aussi Dieu qui est en lui et qui l’aime. Déchirons les voiles de mensonge qui assombrissent nos jours. Abattons les idoles qui en nous prennent la place de Dieu. Allons au bout de notre pauvreté, de notre souffrance, de notre blessure pour rencontrer « Celui qui vient faire toutes choses nouvelles », Celui dont « la gloire se révèlera », Celui qui nous façonne  « un ciel nouveau et une terre nouvelle où résidera la justice ».

Devenons aussi, en ce temps d’Avent, des précurseurs, des transmetteurs d’évangile. Prenons notre part de l’effort de catéchèse intergénérationnelle dans notre diocèse. Nous tous, parents, grands-parents, catéchistes, voisins, recevons par Jean Baptiste la grâce d’accueillir, de donner du goût, d’indiquer un chemin, de proposer la joie de l’expérience intime du Christ, de désigner l’Autre sans retenir à nous. « Il faut que Lui grandisse, et que moi je diminue». Amen

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