Articles récents
Please reload

Filtrer les articles
Please reload

Homélie du 15ème dimanche A (Père Jacques Weisshaupt sj)

16 Jul 2017

Frères et sœurs,

         « Celui qui a des oreilles pour entendre, qu’il entende ! »

Elle nous est tellement familière, cette parabole du semeur. Et pourtant, plusieurs questions se posent à nous. D’abord, quel a pu en être le sens quand Jésus l’a prononcée devant ses auditeurs ? Ensuite, dans la composition de l’évangile par Saint Matthieu, un complément de sens n’est-il pas suggéré par la place centrale qu’elle y occupe ? Enfin, les premières communautés chrétiennes n’y ont-elles pas encore ajouté du sens, à partir de leur vécu et des défis auxquels elles étaient confrontées ?

         Premièrement d’abord, dans la version de base, nous voyons que la parabole s’intéresse surtout aux grains semés et à la semence. Que va devenir la semence généreuse tombant dans quatre terrains différents ? Il y a clairement une progression réconfortante dans l’histoire : la semence peut donner un rendement extraordinaire : les grains ont donné du fruit, cent, soixante et trente. Jésus a repris le thème biblique traditionnel de la moisson, l’image des derniers temps, celle du sens de l’histoire humaine. Jésus insiste sur ce qui se passe d’abord, à savoir les semailles, et celles-ci sont laborieuses. Le Royaume vient, c’est certain, mais la maturation est lente et difficile.

         Ensuite, nous voyons que le rédacteur de l’évangile de Matthieu a placé cette parabole quasiment au milieu de l’évangile (au chapitre 13). Car Jésus pose la question des échecs et des résistances de types divers qui s’opposent à son message : les scribes s’aveuglent, les foules se bercent d’un enthousiasme superficiel, les parents et familiers de Jésus le méconnaissent. S’il y a résistance, c’est qu’il faut redoubler d’attention. La mission de Jésus est éprouvante et il lui faut bien préparer le terrain. Beaucoup d’auditeurs se montrent totalement fermés au langage des paraboles, mais il y a heureusement aussi les disciples, qui en ont une certaine intelligence : oui, vous, heureux vos yeux parce qu’ils voient, et vos oreilles, parce qu’elles entendent !

         Ainsi, Jésus a raconté la parabole de sa mission divine de créateur et de semeur ; ensuite, Matthieu l’a placée au centre de son Evangile ; et enfin, les premières communautés, après la Pentecôte, en fournissent également une explication ; elle nous est familière, car nous aussi, nous sommes comme elles, directement concernés par la croissance de la Parole de Dieu que nous accueillons : la croissance des grains semés, la Parole, se passe dans un milieu hostile, contraire, défavorable à divers degrés… En effet, l’homme qui entend la Parole peut être quelqu’un qui « n’a pas de racines en lui, l’homme d’un moment : quand vient la détresse ou la persécution à cause de la Parole, aussitôt il succombe … ou : quand les soucis du monde et les séductions de la richesse étouffent la Parole, cet homme ne donne pas de fruit… »

         Ainsi, l’interprétation chrétienne cherche bien normalement à trouver dans chaque scène de la parabole les situations-types dans lesquelles se trouvent les auditeurs de la Parole, comme nous ici présents ! Ce n’est plus tant la semence, semée avec générosité et optimisme par le Semeur, qui importe d’abord, mais plutôt la manière dont le grain de la parole de Dieu est accueilli. Jésus était optimiste sur le sens de sa mission : il nous invite à l’optimisme de l’espérance, alors que dans nos communautés chrétiennes, nous sommes tendus et préoccupés par la qualité de nos terrains dans lesquels Dieu nous parle. Nous portons la préoccupation de l’avenir des paroisses, des communautés chrétiennes, de l’Eglise dans notre monde globalisé.

         Alors, profitons de ce temps béni des vacances, pour contempler chaque fois que nous le pouvons, le Seigneur qui sort inlassablement pour semer sa parole de Vie. Laissons-lui beaucoup de bonne terre, ne rendons pas nos sols étanches ! Ouvrons notre cœur, pour que là où nous sommes, nous semions à notre tour, comme dans la parabole, la parole d’espérance et d’amour, de justice et de paix, qu’il nous confie ! Celui qui a des oreilles pour entendre, qu’il entende !

Please reload

© 2014 Communauté Jésuite du Christ-Roi,  25 avenue Gaston Diderich L-1420 Luxembourg

  • Facebook - Gris Cercle