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Homélie du 12ème dimanche ordinaire A (Père Vincent Klein sj)

25 Jun 2017

Matthieu 10, 26-33

 

Jésus nous dit que pour entrer dans le Royaume de Dieu, il faut devenir comme des enfants, retrouver le chemin de la simplicité et de l’authenticité. Serait-il naïf ? Quel est cet idéal qui semble appartenir à un autre monde ?

 

Ceci dit, nous cherchons tous ces lieux, ces rencontres où nous pouvons être pleinement nous-mêmes. Réfléchissons un peu : n’y a-t-il rien de plus reposant, de plus récréatif que d’être entouré de personnes avec lesquelles nous pouvons être pleinement nous, être tout simplement authentiques ? A contrario, est-ce que beaucoup de notre stress, de nos fatigues, de nos burn-out, ne sont-ils pas dus à un environnement qui nous pousse à adopter un certain comportement, à montrer une façade, un profil qui n’est pas le nôtre ? Notre environnement professionnel est souvent dur, voire impitoyable, et il en va de même pour les enfants et les ados à l’école. La compétition et le carriérisme fait que souvent l’homme devient un loup pour l’homme et cela parfois même au sein de l’Eglise, comme l’a dénoncé à plusieurs reprises le pape François. Alors que pour beaucoup se profile bientôt un temps de vacances, nous rêvons de ce temps pour nous recréer, nous retrouver seuls, en famille ou avec de bons amis, mais toujours dans un contexte où nous pouvons être pleinement nous-mêmes, sans devoir nous cacher.

 

Mais faut-il donc être en vacances pour être authentiques, pour advenir à la lumière, sommes-nous entourés de loups et de rapaces au point où nous n’aurions pas d’autre choix que de faire semblant d’être un autre que celui que nous sommes réellement ? L’Evangile que nous avons entendu nous appelle à venir à la lumière, à ne pas nous cacher, à être authentiques.

 

Je ne pense pas que ce soit une utopie. Nous pouvons dès à présent vivre d’une attitude de profonde bienveillance vis-à-vis d’autrui. Saint Ignace appelle cela le présupposé favorable. La bienveillance naît de l’humilité, de la certitude que l’autre a beaucoup à m’apprendre, que l’autre est un cadeau pour moi et pas un loup, que l’autre, même s’il me rebute ou si sa présence me met mal à l’aise, est profondément aimé de Dieu. Peut-être ne le sait-il pas, peut-être pourrais-je le lui révéler ?

 

L’Evangile d’aujourd’hui nous dit que ce présupposé favorable, il naît pour les chrétiens de cette confiance faite en Dieu créateur qui régit le monde. Cette spontanéité que l’on observe dans la nature, chez les oiseaux, les moineaux de l’Evangile, nous réjouit, comme nous réjouit le sourire d’un enfant, elle nous dit quelque chose de l’amour infini du Créateur qui nous habite et qui nous fait sortir de nos ténèbres, de nos peurs.

 

Ainsi nos assemblées dominicales sont des lieux où nous témoignons de cet accueil fondamental de l’autre, de l’autre différent souvent. Il n’est pas bon que nos assemblées soient trop homogènes, mais bien qu’elles témoignent du visage multiple, bigarré, mais aussi blessé du corps du Christ qu’est l’Eglise. Accueillir des frères et sœurs blessés par la vie, c’est accueillir nos propres blessures et cela demande souvent un effort de réconciliation avec nous-mêmes pour y arriver. C’est un beau défi, un défi évangélique.

 

Alors, chers frères et sœurs, en ce dimanche qui fleure bon les vacances d’été qui s’approchent à grands pas, accueillons la vie que Dieu nous donne, venons à la lumière et laissons là la tyrannie des qu’en dira-t-on, des regards qui jugent pour entrer dans Celui qui accueille chacun tel qu’il est en vérité : fils et fille de Dieu créé à son image. AMEN. 

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