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Homélie de la Vigile Pascale A (Père Vincent Klein sj)

15 Apr 2017

 

Le réveil ne fut pas difficile pour vous, Marie de Magdala et l’autre Marie. C’est la deuxième nuit blanche de suite que vous passez, car qui pourrait penser un instant que vous avez fermé l’œil depuis vendredi. La mort de ce Jésus que vous aviez tant aimé, son corps déchiré et exposé aux regards de tous, ses souffrances insupportables, la violence, la haine et la lâcheté de cette foule vous ont tour à tour révoltées, blessées, abattues et laissées sans voix.

 

Mais si aujourd’hui l’Eglise toute entière en célébrant la nuit pascale de l’Orient à l’Occident, dans tant de pays et de cultures différents, si toute l’Eglise vous rend hommage, c’est, pour paraphraser le prophète Isaïe, parce que vous n’avez pas laissé s’éteindre la mèche qui faiblit (42,3). Les yeux rougis par tant de souffrance, vous n’avez pas laissé le désespoir prendre le dessus, vous avez refusé obstinément aux ténèbres le droit de tout envahir. Pour cela, vous vous êtes raconté l’une à l’autre les beaux moments passés avec le Nazaréen. Comme bien d’autres, alors même que vous vous sentiez rejetées par la rumeur et les regards méprisants, vous avez fait l’expérience dans votre chair d’être aimées, pardonnées et mises en route par le Christ auquel vous avez donné votre cœur. En vous racontant toutes ces paraboles, ces rencontres qui remettent debout, ces paroles fortes de Jésus, vous tressiez un collier dont les perles brillent encore de cette rencontre avec le Christ comme les yeux des enfants devant le mystère de Pâques. Et ce collier a pris le nom d’Evangile.

 

A peine l’aurore levée ce dimanche matin, vous avez concrétisé votre amour par ce geste de folie en vous rendant au tombeau, malgré les gardes, malgré la pierre roulée. La terre a tremblé devant votre foi ; tout ce qui nous fige, tout ce passé qui nous avait pétrifié, tout cela s’est fendu et la pierre a été roulée par un ange venu du ciel. Il n’y a plus une zone du monde, plus un recoin de notre cœur que le Christ ne vient habiter de sa lumière : la mort a fait place à la vie. Et ce sont eux, les gardiens de nos certitudes qui se figent de crainte.

 

Mais vous n’êtes pas restées au tombeau, vous ne vous êtes pas laissées enfermées dans la nostalgie d’un passé perdu, vous avez quitté le sépulcre et vous avez couru porter le message, la Bonne Nouvelle, l’Evangile devenu chair en vous. En chemin, vous avez rencontré le Ressuscité qui redit avec vous la victoire de la foi, de l’espérance et de la charité.

 

Chères Marie de Magdala et l’autre Marie, aujourd’hui encore, nous vous rencontrons dans tant de femmes –et d’hommes aussi d’ailleurs- qui refusent obstinément de laisser le désespoir l’emporter, tant de femmes qui veillent dans des situations de guerre ou auprès d’enfants et de conjoints malades, tous ceux qui disent encore aujourd’hui non aux forces de mort, de haine et d’exclusion. Et vous nous dites, à nous tous chrétiens et spécialement à nos catéchumènes qui vont maintenant être baptisés, qu’il ne faut jamais laissé s’éteindre la mèche qui faiblit.

 

L’Eglise a mis en avant les apôtres et vous a laissé dans l’ombre. On en pleurerait si cela ne vous faisait pas sourire, car votre fête à vous, Marie Madeleine et les autres, c’est aujourd’hui, c’est Pâques !

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