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Homélie du 4ème dimanche de Carême A (Père Thierry Monfils sj)

26 Mar 2017

 

Jean 9, 1-41

Frères et sœurs, 

 

         Nous voilà invités par le Seigneur à travers sa Parole aujourd'hui à considérer le regard du Seigneur. Il regarde David et le fait voir à Samuel comme celui qu'Il a choisi comme roi. Il voit le cœur de l'aveugle-né, avec miséricorde.

 

 

 

         Le regard est intéressant : c'est le sens qui nous fait apercevoir les choses et les êtres de loin ; il a à voir avec l'intelligence – ne dit-on pas « tu vois ce que je veux dire ? » Il est plus extérieur que l'ouïe ou le tact mais l'extériorité révèle pour une part l'intériorité. Surtout lorsque nous considérons le regard de Dieu. En effet, il y a de quoi être émerveillés en raison de notre capacité de percevoir comment le Seigneur voit les choses, les événements, les personnes et la vie du monde. Oui, nous sommes capables d'avoir le regard assez ajusté à celui du Seigneur, pour bien voir que faire selon son plan.

 

         Ainsi, Dieu a vu David, il voyait ce qu'il portait en son cœur, et l'a choisi. Samuel était envoyé pour chercher le roi choisi par Dieu. Après avoir vu tous ces garçons prestigieux, prospères, costauds, rayonnants, les fils du bon Jessé, Samuel entend la voix du Seigneur lui dire : « Ne considère pas son apparence ni sa haute taille, le Seigneur regarde le cœur. » Alors Samuel s'enquiert de savoir s'il n'y aurait pas encore quelqu'un. La réponse vient : « Il reste encore le plus jeune, il est en train de garder le troupeau. » David, le petit dernier, n'a rien pour fasciner sa fratrie, il garde les bêtes ; ce n'est pas un poste aussi fameux que celui de ses frères, guerriers ou conseillers bien éduqués. Mais une fois David arrivé, le Seigneur dit à Samuel : « Lève-toi, donne-lui l’onction : c’est lui ! » et l'Écriture ajoute « L’Esprit du Seigneur s’empara de David à partir de ce jour-là. » Dieu aime David et le choisit (Doud, le bien-aimé). Pourquoi ? Il est le dernier, le moins considéré ; Dieu a le Cœur tourné vers le faible et le pauvre. Il connaît son cœur, aussi : Il voit ce dont David est porteur, en sa volonté, sa détermination. David a une volonté capable de s'accorder à celle du Seigneur. Il saura mener les combats de Dieu. Ce sera un guerrier redoutable, mais il s'agit aussi et surtout d'un combat intérieur, David sera capable de rebondir selon le plan de Dieu miséricordieux, en d'autres termes de revenir au Dieu unique, de se convertir. David est un homme loyal ; David met sa gloire dans le Dieu d'Israël, recevant sa force du « Dieu des armées » (Adonaï Tseva'ot, Sabaoth comme dit l'expression latine du « Dieu de l'univers » dans le Sanctus en latin). Humble comme Moïse, David n'a pas la nuque raide, il n'est pas orgueilleux ; il sera fort, oui, mais fort selon Dieu, humble et pauvre. Pour nous aussi, au milieu du Carême, le Seigneur attend que nous soyons capables de mener le combat spirituel : le combat que Lui mène dans ce monde pour que nous ayons la vie, et la vue.

 

         Après David, c'est vers l'envoyé aveugle que l'Écriture sainte tourne nos regards. Siloé est le nom de cette piscine, qui évoque la mission. Que veut dire être envoyé, être en mission ? Au départ, cet homme ne voit rien : c'est-à-dire qu'il ne peut rien faire de lui-même, il se confie tout entier à Dieu. Seul Dieu voit pour lui ce qu'il y a à faire ; et Il lui donne de le voir avec lui. Mais l'aveugle – et assurément nous aussi – nous entrons dans ce regard divin après avoir reconnu que Lui seul a la maîtrise de son existence. Sans lui, notre vie tombe en ruine ; sans Dieu, nous ne pouvons vraiment pas voir le bon chemin, la route à suivre. Bien sûr une conscience, une intelligence, nous sont données ; par Dieu. Et il nous revient de nous remettre sans cesse entre ses mains. De nous offrir à Lui. Dans les Exercices spirituels du Carême sera proposée cette semaine la nouvelle prière d'offrande du Réseau de prière du Pape. Vous pourrez la recevoir. Elle a été composée par le P. Frédéric Fornos, directeur international du Réseau de prière du Pape. Cette prière dit ceci : « Père… mets mon coeur, une fois encore, auprès du Cœur de ton Fils Jésus… Je mets en tes mains mes joies et mes espérances, mes activités et mes souffrances… je t'offre cette journée... » Les priants offrent à Dieu pour que leur vie s'inscrive dans Son projet. Nous sommes au secret du mystère chrétien : nos jours sont la main de Dieu, il nous porte et nous crée, nous pouvons librement devenir pleinement nous-mêmes en répondant à l'appel qu'il nous adresse. Il en va de l'existence entière comme de la prière. L'aveugle guéri nous indique la vérité chrétienne qui est de laisser la lumière de Dieu rayonner en lui, puis autour de lui, à travers lui : voilà le sens évangélique de la mission : nous reconnaître aveugles si Dieu n'était pas là présent pour nous guider, laisser vivre sa présence en nous, la découvrir autour de nous et la laisser passer aussi par notre intermédiaire.

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