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Homélie du 1er dimanche de l'Avent A (Père Jacques Weisshaupt)

27 Nov 2016

 

Matthieu 24, 37-44

 

L’évangile d’aujourd’hui pour notre entrée dans l’Avent, est difficile, mais cherchons comme toujours la Bonne Nouvelle qui s’y cache.

Nous avons entendu cette phrase introductive : « Jésus parlait de sa venue ». Précisons donc d’emblée : il n’est pas question de son retour, mais de sa venue. Car la première bonne nouvelle, c’est que la venue de Jésus n’a pas d’heure : il est venu, il vient maintenant et il viendra encore ! L’important pour nous aujourd’hui, c’est de savoir comment le reconnaître et comment éduquer notre perception pour accueillir sa venue d’hier, d’aujourd’hui et de demain.

Nous avons aussi entendu qu’il était question de Noé, figure liée à l’épisode biblique du déluge, où il a été sauvé de la catastrophe. L’avertissement de Jésus nous ouvre à un salut promis pour la terre toute entière. Car le nom de Jésus est « le Fils de l’homme », un titre qui désigne, notamment dans le livre de Daniel, un homme accompli sous le regard de Dieu ; ce Fils de l’homme est envoyé par Dieu pour venir établir la justice et pour révéler le salut à toute l’humanité.

C’est ce qu’a annoncé le prophète Isaïe, qui rend vive notre espérance par la promesse du Seigneur :

« Il sera juge entre les nations et l’arbitre de peuples nombreux. De leurs épées, ils forgeront des socs, et de leurs lances, des faucilles. Jamais nation contre nation ne lèvera l’épée ; ils n’apprendront plus la guerre.

Venez, maison de Jacob ! Marchons à la lumière du Seigneur. »

 

 Dans l’évangile d’aujourd’hui, cette mission du Fils de l’homme est comparée à l’action de Dieu par rapport au déluge. Il y a une ressemblance entre la venue du Fils de l’homme et ce qui est arrivé à Noé : Noé a recueilli dans son arche un échantillon de tous les vivants – hommes et bêtes – un petit reste inaugurant une création nouvelle. Jésus nous invite à comprendre que l’œuvre du Fils de l’homme est comparable à celle de Noé, il est comme Noé et son arche, il est le rameau d’olivier, il est notre arc en ciel qui rassemble l’humanité dans  la justice. Ainsi, cette venue du Fils de l’homme oriente notre cœur vers un salut destiné à la création tout entière. Cette bonne nouvelle reçue aujourd’hui annonce, au-delà de toutes les épreuves qui peuvent nous atteindre un monde renouvelé par la venue continuelle du Fils de l’homme.

Mais cette Bonne Nouvelle nous invite à nous disposer à accueillir avec authenticité ce salut offert.

Comment cela ? En veillant en toute circonstance, non par crainte de rater le rendez-vous, mais parce que le salut est là, il est arrivé. Jésus nous invite à garder vivante cette réalité du salut toujours déjà offert. Ne nous laissons pas distraire et étourdir dans la superficialité ou la résignation passive alors que cette venue du Fils de l’homme nous établit dans la joie, nous aide à rester debout, y compris dans les épreuves : oui, le salut est donné. Il faut garder l’espérance en toutes circonstances.

Le Seigneur nous invite à veiller activement. C’est à la fois « veiller à », « veiller sur », c’est « vivre avec le souci des autres ». Cette vigilance, c’est en effet, veiller au bien-être et au bonheur de tous, à y contribuer dans toute la mesure possible pour nous. C’est de vivre en essayant d’être pour autrui une arche où l’on peut trouver secours, compassion, réconfort, amitié et tendresse. Cela nous encourage à être inventifs, à construire des havres de paix et de réconfort.

Car aujourd’hui encore, de terribles menaces pèsent sur l’humanité. Les uns vivent en paix alors que de nombreux autres vivent dans la tourmente, victimes de catastrophes naturelles ou encore chassés par la guerre, les sécheresses et la faim, réfugiés par millions ! Et notre maison commune, notre planète elle-même est en souffrance. Oui, aujourd’hui il nous faut rester éveillés. Ne nous endormons pas dans l’indifférence et la superficialité.

Notre force intérieure, c’est l’espérance du salut que Dieu nous offre et c’est aussi notre inventivité à construire des arches de salut.

Espérer est un verbe actif et non pas la forme passive de la résignation devant ce qui va mal. Espérer ce n’est pas s’endormir mais au contraire se lever pour aller à la rencontre de quelqu’un. Car le Seigneur vient !

Avec le pape François, l’Eglise peut être, au milieu des souffrances, un « hôpital de campagne », une oasis de réconfort, de compréhension, de fraternité et de compassion. Chaque fois qu’une personne trouve près d’elle une arche de salut, c’est le Fils de l’homme qui vient. Oui, ainsi le salut de Dieu prend corps dès maintenant au milieu de nous.

 

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