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Homélie du 30ème dimanche ordinaire C (Père Guy Delage)

23 Oct 2016

 

Luc 18, 9-14

 

 

« Plus vite, plus haut, plus fort » ce slogan a fait florès cet été au moment des JO. Chaque fois que des sportifs décrochaient des médailles c’était comme pour prouver que le meilleur gagne toujours. Et il gagne quoi ? Un peu d’argent, mais surtout une renommée internationale et la gloire d’avoir accompli un exploit qui est relayé par les médias. La compétition dans le monde d’aujourd’hui n’est pas seulement répandue dans le sport de haut niveau, on retrouve ce principe dans le sport amateur, à l’école, au lycée, à l’université et même dans l’apprentissage de la musique au conservatoire et aussi dans la vie professionnelle où il faut être toujours plus efficace, plus performant, montrer qu’on est animé par la rage de gagner. Tous ceux qui n’entrent pas dans cette logique n’intéressent pas grand monde. Les autres, convaincus de leur supériorité, de la grandeur de leur talent considèrent qu’ils sont les meilleurs et que ceux qui sont en queue de classement ne peuvent que s’en prendre à eux-mêmes.

 

Il en est de même pour ceux qui, au temps de Jésus, étaient convaincus d’être justes et méprisaient les autres. C’est à ceux-là que Jésus s’adresse à travers la parabole de ce pharisien qui se rend au Temple pour prier en rendant grâce à Dieu d’être meilleur que les autres. A l’inverse, le publicain prie en invoquant la miséricorde de Dieu sur lui. L’un se tient ostensiblement debout et l’autre, en retrait, n’osait même pas lever les yeux. Et Jésus de conclure : le véritable juste est celui qui a fait preuve d’humilité.

 

Mais encore faut-il s’entendre sur ce que signifie ce mot humilité. Dans la tradition spirituelle ignatienne l’humilité n’évoque pas tant une vertu morale que la réalité de notre lien au Christ. Pour saint Ignace l’humilité se caractérise plus par des actes que par une connaissance de soi devant Dieu et devant les autres que bien des théologiens ont démontré. Pour saint Ignace l’humilité va de pair avec les humiliations. Mais attention, les humiliations ne sont pas à rechercher pour elles-mêmes. D’ailleurs Dieu ne souhaite pas que l’homme soit soumis aux humiliations pour être sauvés. Mais si les humiliations se présentent il nous revient de les accueillir comme un don qui nous relie au Christ humilié.

 

Pour saint Ignace c’est la pauvreté spirituelle qui donne son vrai contenu à l’humilité. La pauvreté spirituelle est à rechercher et à désirer sans cesse parce qu’elle est notre vérité devant Dieu. Elle est une manière sûre de lâcher prise, de ne pas s’appartenir et de se recevoir de Dieu dans toute sa vie. C’est la première béatitude : celle qui nous fait adhérer au règne du Christ, celle qui nous fait entrer dans le royaume de Dieu. « Heureux les pauvres, le Royaume des cieux est à eux. » En somme pour saint Ignace l’humilité se met dans des actes qui peuvent passer par des humiliations vécues dans le service du Christ, mais l’humilité passe aussi dans la soumission à la loi et dans le détachement par rapport aux choses créées. Cette position, pour ne pas sombrer dans le moralisme doit s’enraciner en Jésus-Christ qui est le fondement de toute éthique chrétienne. Puisse-t-il en être de même pour nous ici et maintenant.

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