Homélie du Dimanche du Christ-Roi (Jean 18, 33b-37)



Jean 18, 33b-37

Faire la vérité. Nous imaginons d’un « roi » qu’il imposerait la vérité, d’un messie qu’il « restaurerait Israël ». Or, dans ce cas, nous ne serions plus libres. C’est parce que la vérité se contente de nous attirer, c’est parce que le Christ exerce sa royauté en étant seulement une voix que l’on entend si l’on choisit la vérité, que nous sommes libérés. Libérés de toutes choses et libres en face de lui : libres de choisir ou non la liberté. La liberté que nous offre le Christ, c’est à nous de la rendre effective. La vérité se choisit et elle se fait. Nous avons le pouvoir de la faire. C’est dans ce « pouvoir » que réside notre liberté.

Le rapport Sauvé souligne que le choix de faire la lumière sur la réalité de l’abus sexuel est plus une nécessité qui s’est imposée à l’épiscopat français et aux catholiques que le résultat d’une démarche ecclésiale de vérité et de compassion. Les mots d’excuses et de demande de pardon ne pourront jamais suffire pour permettre à ces personnes dont la vie a été gâchée, de retrouver ce qu’elles ont perdu. Osons aussi parler, poser nos questions, et chercher ensemble, en communauté comment porter ensemble la gravité de la vérité des conclusions de ce rapport.

C’est l’Église tout entière qui est blessée. Il y a sûrement une lassitude, mais très nombreux sont celles et ceux qui souhaitent qu’on aille jusqu’au bout de ce travail de vérité et de parole.

Dans l’évangile, le pouvoir doit se mettre au service des plus fragiles. Il en va de la cohérence du message. Souhaitons que ces initiatives se multiplient et que, dans l’Église comme dans la société, sur ces matières comme sur d’autres, la parole circule plus librement.

La vérité vous rendra libres. C’est cela qui nous libère de tout le reste. Ceux qui ont vraiment entendu le témoignage du Christ à la vérité ne se laissent pas prendre au vertige d’une société dominée par les processus de croissance ou d’images médiatiques ni d’un Eglise qui essaye de protéger à tout prix son image et son système : ils disent non, et ils sont libres. Libres de tout. Ils subissent peut-être mais ils ne tombent pas dans le panneau. Ils ne se laissent pas « prendre ». Leur esprit est libre et ils agissent. Avec les étudiants à Paris, il nous arrivait souvent de reposer cette question fondamentale : “qui imagine ma vie pour moi” ? Regardons autour de nous et discernons tout ce qui nous aliène dans nos idéologies affichées ou cachées. Sommes-nous de la vérité, sommes-nous du Christ ? Libérons-nous.

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