Articles récents
Please reload

Filtrer les articles
Please reload

Homélie du 2ème dimanche du temps ordinaire C (Père Josy Birsens)

17 Jan 2016

 

Jean 2, 1-12

 

Si l’on prenait l’épisode de Cana au pied de la lettre, il pourrait faire les gros titres dans la presse régionale : « 600 litres de vin de qualité sauvent la noce ! » « Des jeunes mariés tirés d’embarras par un nouveau prophète ! » « Jésus de Nazareth, l’homme-miracle qui enivre les convives ! » Mais, comme le maître du repas de l’évangile, nous n’aurions tout juste rien compris. Car l’essentiel se situe ailleurs : les disciples, et nous auditeurs de l’évangile aujourd’hui, deviennent témoins du 1er signe de Jésus. La gloire de Jésus apparaît lors des noces de Cana, comme elle était apparue aux mages accourus à la crèche ou lors du baptême de Jésus dans le Jourdain. Il s’agit bien d’un événement à comprendre avec le regard de la foi et à méditer pour en saisir tout le sens.

Au départ, il y a l’expérience d’un manque, comme il y en a bien souvent dans nos vies et dans celle du monde : que de situations insatisfaisantes, que de problèmes et de crises dans nos vies personnelles, nos familles, les sociétés, l’Eglise ou le monde! Un peu à l’image de ces 6 jarres de pierre (pas 7, le chiffre de la perfection !) à qui il manque le contenu. Que Jésus remplisse ces jarres de vin précieux est pour saint Jean l’indication de quelque chose de plus grand : quand son heure sera venue, librement, il donnera la vie, la joie et l’amour à tous les hommes. Pour l’heure, il ne fait qu’annoncer la venue joyeuse et libératrice du règne de Dieu en invitant les siens à croire à l’irruption bénéfique de Dieu dans l’histoire des hommes.

La présence de Marie, la mère de Jésus, nous donne un éclairage précieux. Elle relaie le manque de vin auprès de son fils, elle croit déjà en lui, même si elle ne sait pas « comment cela va se faire ». Comme elle et avec elle, nous sommes invités à prier, à crier vers Dieu les souffrances de notre monde et des personnes qui nous sont proches. Avec Marie, nous sommes invités à patienter quand le moment propice n’est pas encore venu. Comme elle, nous pouvons déjà préparer le terrain pour Jésus auprès de ceux et celles dont il pourrait avoir besoin pour mener à bien son projet d’amour. A la prière de Marie enfin, nous pouvons nous disposer à jouer un rôle actif quand ce sera nécessaire, pour assurer le bien-être et la joie de tous.

Deux événements nous donnent des pistes d’engagement aujourd’hui : la journée mondiale du migrant et du réfugié en ce 17 janvier et le début de la semaine de prière pour l’unité des chrétiens. Depuis cet été, nous sommes concernés directement par l’afflux de demandeurs d’asile qui fuient des zones de guerre et d’insécurité en Syrie, en Irak ou en Afghanistan, sans oublier la vague de ceux qui tentent de traverser la Méditerranée. Nous pouvons entendre le constat de Marie : « ils n’ont plus de vin », ni de toit pour s’abriter, ni de sécurité, ni d’avenir. Il est heureux que beaucoup d’entre vous se soient engagés pour aider ces personnes en détresse à trouver une nouvelle patrie au Luxembourg. Et cette tâche nous restera sans aucun doute encore pendant longtemps si nous voulons éviter les erreurs d’intégration du passé, en partie responsables de la vague terroriste actuelle. En célébrant l’eucharistie, nous recevons celui qui nous donne son propre corps en nourriture pour ne pas faiblir dans ce service des plus pauvres et apporter notre petite pierre pour qu’un jour toute l’humanité se retrouve en fête à la table du royaume des cieux.

Et le souci de l’unité des chrétiens devrait nous habiter avec la même force : quelle honte, et quelle souffrance pour Jésus qui a prié pour que ses disciples soient un (Jean 17,11), que ceux qui croient en lui ne se retrouvent toujours pas autour de la table eucharistique ! Que de souffrances pour des couples et des familles de confession différente que les murs de séparation d’antan continuent d’exister! L’unité des chrétiens n’est pas une question secondaire, car elle touche à notre crédibilité et à l’un des fondements de notre foi, la prière de Jésus pour nous. Demandons avec insistance en cette semaine de prière pour l’unité des chrétiens que la volonté de Jésus à ce sujet puisse enfin être réalisée. Que son Esprit permette aux Eglises séparées d’avancer sur le chemin de la compréhension et de l’accueil mutuels.

 

Please reload

© 2014 Communauté Jésuite du Christ-Roi,  25 avenue Gaston Diderich L-1420 Luxembourg

  • Facebook - Gris Cercle