Articles récents
Please reload

Filtrer les articles
Please reload

Homélie de la fête du Baptême du Seigneur C (Père Guy Delage)

10 Jan 2016

 

Luc 3, 15-16/21-22

 

Le baptême de Jésus est un événement pour le moins inattendu et quelque peu difficile à comprendre. Le baptême de Jean est « un baptême de repentir pour la rémission des péchés » nous dit saint Luc. C’est un fait, mais Jésus n’a pas à se repentir puisqu’il n’est pas pécheur.

 

Pour comprendre la démarche de Jésus il faut avoir présent à l’esprit la symbolique du baptême. La plongée dans l’eau est plongée dans la mort qui est la conséquence du péché. La sortie de l’eau nous fait surgir de l’abîme, nous devenons une création nouvelle. Le baptême nous fait traverser la mort avec le Christ dans sa passion et sa résurrection.

 

Jésus se fait baptiser par Jean non pas pour obtenir la rémission des ses péchés inexistants mais pour se rendre solidaire des pécheurs. Son baptême préfigure l’heure où il prendra le visage de notre détresse et de notre mal. Saint Paul dira : « il s’est fait péché » (2 Co 5,21). Par son baptême Jésus récapitule ce que sera sa vie, sa mort et sa résurrection.

 

Une fois que Jésus est baptisé saint Luc nous dit que « le ciel s’ouvrit ». Est-ce à dire que le ciel était fermé jusque là ? Le ciel s’ouvrira encore pour l’ascension et à la pentecôte pour la venue de l’Esprit qui descend sur Jésus. L’eau et l’Esprit qui est présent sous la forme d’une colombe au moment du baptême nous renvoient aux premiers versets de la Genèse, où l’Esprit plane sur les eaux. A ce moment de la création le ciel et la terre sont deux réalités séparées. Désormais ils restent deux entités bien différentes, mais ils sont mis en communication, l’un avec l’autre. Le ciel et la terre se rencontrent en Jésus.

 

La voix qui se fait entendre : « Toi, tu es mon Fils bien aimé ; en toi, je trouve ma joie. » Littéralement ces paroles disent : « Tu es le Fils de moi ; en toi je trouve mon plaisir ». La TOB n’hésite pas à traduire par : « Tu es mon fils, moi, aujourd'hui, je t'ai engendré. » et à reprendre mot pour mot les paroles du psaume 2 en son verset 7. On retrouve la même citation dans les Actes des apôtres pour parler de la résurrection (Ac 13,33). En somme ce sont les mêmes paroles qui sont utilisées pour la naissance du Christ, pour son baptême et pour sa résurrection. J’entends par naissance du Christ le point de départ de l’activité messianique de Jésus. Il ne faut pas oublier que le baptême de Jésus marque le coup d’envoi de sa vie apostolique. Jésus ne pouvait être déclaré Fils de Dieu en son humanité qu’après avoir rejoint les pécheurs dans les eaux de la mort qu’il a traversées comme les hébreux ont traversé la mer rouge.

 

Que retenir de ce passage de l’évangile pour nous aujourd’hui ? D’abord que Jésus se mêle à la foule, à la foule des pécheurs. Il ne se met pas au dessus de la mêlée. Il est avec nous jusqu’à la fin des temps. Par sa présence il vient interroger nos manières d’être solidaires des étrangers, des malades, des vieillards, des prisonniers en un mot des exclus. Sans Jean-Baptiste il n’y aurait pas eu de baptême, pourtant Jean-Baptiste s’efface devant Jésus. Il reconnaît qu’il n’est pas digne de défaire la courroie de ses sandales, autrement dit il n’est pas même digne de prendre la place de l’esclave. Jean-Baptiste nous invite à nous mettre au services des pauvres et des exclus sans rien attendre en retour si ce n’est de contribuer à faire connaître le serviteur par excellence, le Christ. Enfin, la présence de l’Esprit Saint nous rappelle avec force qu’à notre baptême nous avons été plongés dans l’Esprit de Jésus qui fait de nous des êtres nouveaux. Et le ciel qui s’ouvre comme pour laisser passer l’Esprit Saint nous indique que la relation est rétablie entre le ciel et la terre. L’alliance nouvelle et éternelle est scellée en Jésus-Christ. Il nous reste à ouvrir notre cœur pour l’accueillir.

 

Please reload

© 2014 Communauté Jésuite du Christ-Roi,  25 avenue Gaston Diderich L-1420 Luxembourg

  • Facebook - Gris Cercle