Homélie du 10ème dimanche ordinaire C (Père Jacques Weisshaupt)

5 Jun 2016

 

Luc 7, 11-17

Frères et sœurs,

 

            Dans l’évangile d’aujourd’hui, nous sommes témoins de cette bouleversante rencontre que fait Jésus avec cette femme doublement en détresse : elle est veuve et elle vient de perdre son fils unique. Cette femme de Naïn est entourée d’une grande foule de la ville. Nous voyons en fait deux foules se rencontrer, le groupe des disciples autour de Jésus et celui que forment les gens de la ville autour de la veuve accompagnant son fils mort. Cet évangile nous invite tout particulièrement à découvrir l’amour prévenant  et vivifiant du Seigneur et à lui faire confiance avec la force de son Esprit… « Ne pleure pas ! »… « Jeune homme, je te l’ordonne, lève-toi » « Dieu a visité son peuple ».

 

Après ces réflexions plus générales, prenons encore un peut de temps pour entrer dans la contemplation de cette scène d’évangile.

Nous pouvons y découvrir l’importance du regard et de la manière de regarder de Jésus. Jésus nous montre comment regarder avec les yeux de Dieu, et bien des moments-clés de l’évangile de Luc nous le montrent avec force.

 

Jésus voit, Jésus est pris de pitié, Jésus s’approche, Jésus touche, guérit et remet debout. C’est l’attitude du père de la parabole du fils prodigue, c’est l’engagement du bon samaritain… c’est la démarche de Jésus ici, c’est toute sa vie d’annonce de la Bonne Nouvelle.

 

« Voyant cette femme, le Seigneur fut saisi de compassion pour elle. » Un regard. Celui de Jésus ? Mieux, nous dit Luc, celui du Seigneur. C’est un regard humain qui dit quelque chose de Dieu, la compassion du Seigneur pour cette femme. Demandons au cours de notre célébration de voir avec le regard de Jésus et que nous sortions de l’indifférence qui peut toujours nous guetter.

Ce regard attentif suscitera en nous la compassion et permettra une rencontre en vérité. La compassion dans le regard de Jésus qui croise celui de la veuve éplorée. La compassion exprimée dans une parole pleine de délicatesse ; une compassion qui se traduit par une parole, simple, humaine, délicate… divine : « Ne pleure pas ». Les yeux de Jésus croisent ceux de la femme éplorée. Jésus lui partage une parole de réconfort. Voilà que les deux foules qui entourent Jésus s’arrêtent. Cette marche confrontée à la mort est interrompue. Faire route avec Jésus passe donc par des temps de recueillement, de contemplation et de compassion. Des temps où son Esprit brise les enfermements de nos mutismes pour susciter la parole de consolation.

 

Regard, parole, geste : voir, parler, toucher. A la parole, Jésus joint le geste. Il s’approche du cercueil et le touche de ses mains. L’effet est immédiat : les porteurs s’arrêtent. Tout le monde maintenant est à l’arrêt. Le temps semble semble comme suspendu. Jésus se fait tout proche, il touche à la mort sans se laisser paralyser. Notre célébration nous met au diapason de Celui qui est pour chacun de nous la résurrection et la vie !

En effet, Jésus, s’adressant, non à la veuve, mais au jeune homme mort, parle directement à la mort elle-même !

Mieux, il donne un ordre auquel le jeune homme ne peut qu’obéir. « Lève-toi ! » Alors, écrit Luc, « le mort se redressa et se mit à parler ».

 

La souveraineté de Jésus éclate au grand jour. Pour signifier cette souveraineté, Luc utilise les verbes que les premiers chrétiens utilisent pour parler de la résurrection : se lever, se redresser, se réveiller …

Même la mort ne peut désobéir aux ordres du Seigneur Jésus, confiance  et levons-nous !

 

Ainsi donc, l’épisode raconté par Luc conduit au cœur de la foi : la résurrection des morts. Les témoins de la scène ne s’y sont pas trompés. Leur exclamation – « Un grand prophète s’est levé parmi nous » - fait directement référence au prophète Elie, le seul a avoir rendu la vie à un mort (ce que nous rappelle la première lecture). Mais Jésus est bien plus qu’Elie ; il est bien plus qu’un prophète : il est Fils de Dieu. Mais cela, nous n’avons pu le reconnaître qu’en suivant Jésus jusqu’au bout : à la croix, au tombeau et à la résurrection. Jésus est le premier ressuscité d’entre les morts. D’autres suivront… Comme nous-mêmes aussi.  N’est-ce pas ce qui nous rassemmble chaque dimanche dans l’action de grâce ? La mort et la résurrection de Jésus annoncent en effet ce Dieu de compassion qui attend chacun de nous.

 

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