Articles récents
Please reload

Filtrer les articles
Please reload

Homélie de la messe de clôture de l'accueil de la Consolatrice des Affligés au Christ-Roi (Père Josy Birsens sj)

28 May 2016

 

Dans la longue liste des invocations à Marie qui composent les litanies de Lorette, les Jésuites de Luxembourg des années 1620 n’auraient pas pu trouver d’appellation plus pertinente que celle de Consolatrice des Affligés. Le pays traverse, en effet, l’une des périodes les plus noires de son histoire. Une guerre meurtrière qui durera 30 ans ravage ses campagnes. Elle entraîne à la suite du passage des troupes famines et épidémies. Comme bien souvent, la population civile n’avait que faire de cette confrontation entre l’empereur germanique et ses alliés catholiques, d’une part, et les princes protestants et leurs alliés, dont la France, d’autre part. Mais le duché de Luxembourg avait le malheur de se trouver au carrefour  des belligérants et il devait en subir toute la cruauté…

En désespoir de cause, les populations malmenées se tournent alors vers la Mère de Dieu en quête de consolation et d’espoir. Rapidement, le pèlerinage vers la statue de la Consolatrice où leurs prières sont exaucées et des guérisons miraculeuses rapportées, s’étend et s’ancre dans la tradition des catholiques du pays. Une mère qui a dû être témoin en Palestine 1600 ans plus tôt des souffrances injustes et de l’agonie pénible de son fils Jésus, ne pouvait qu’avoir un cœur ouvert pour les prières de mères et de pères, d’épouses et de maris, de frères et de sœurs meurtris par les méfaits de la guerre, de la famine et de la peste ! Par son intercession, Dieu manifestait à ceux qui mettaient toute leur foi en elle qu’il était de leur côté et restait à leurs côtés. Aussi la ville-forteresse se mit-elle sous la protection spéciale de la Consolatrice des Affligés il y a 350 ans, le 10 octobre 1666, suivie par tout le duché en 1678. Et de nombreuses fois au cours de l’histoire, les heures les plus sombres comme celles de l’occupation du pays par les nazis, ont été éclairées par le secours fidèle de la Consolatrice.

Aujourd’hui, le Luxembourg compte parmi les Etats les plus riches de la planète et la grosse majorité d’entre nous n’a pas à se faire de gros soucis, Dieu merci ! Et pourtant, le malheur peut nous frapper à l’improviste aujourd’hui encore : des maladies nouvelles et souvent impitoyables, des accidents de la route, des vies de jeunes mal engagées ou en péril, le chômage aveugle, la solitude et les souffrances des personnes âgées, et j’en passe. De plus, les malheurs du monde que nous aurions ignorés autrefois nous sont devenus plus proches, quand ils ne nous touchent pas directement comme la venue de nombreux demandeurs d’asile en Europe ou le terrorisme islamiste. Et il n’y a plus, malheureusement, cette unité de conviction croyante qui amènerait peut-être le « village global » tout entier à se prosterner aux pieds de la Consolatrice des Affligés.

A nous, dès lors, petit troupeau fidèle, de rendre ce service à nos frères et sœurs en humanité. A nous de lutter à leurs côtés pour un monde plus juste, mais de ne pas oublier que tous les efforts humains ne suffiraient pas pour instaurer partout la paix et la justice. A nous d’entendre ces messages de la Vierge Marie ces deux derniers siècles, à Lourdes et à Fatima, à Beauraing et à Banneux, à Medjugorje et à Kibeho au Rwanda, qui appellent chaque fois à la conversion. Nous convertir notamment de cet orgueil moderne qui fait croire que l’homme peut tout et que la science, la technique ou le progrès économique résoudront tous les problèmes. Nous convertir de l’égoïsme qui va si souvent de pair avec le bien-être ou d’habitudes de consommation qui épuisent la terre et maintiennent dans la pauvreté deux tiers de l’humanité. Nous convertir, enfin, de réflexes nationalistes sans cœur qui se désolidarisent de la souffrance des victimes innocentes des conflits et inégalités de par le monde.

La venue de la Consolatrice au Christ-Roi aujourd’hui nous invite à rester avec elle au pied de la croix, le regard fixé sur Jésus qui donne sa vie par amour pour tous les humains. Avec elle, nous pouvons porter dans notre cœur et méditer cet amour inouï qui ouvre la porte à toutes les espérances. Avec elle et par son intercession, nous pouvons prier pour que la consolation et la force soient données à toutes les victimes des malheurs de notre temps et à tous ceux qui s’engagent à les réduire de leur mieux. Sainte Vierge Marie, mère de Dieu, Consolatrice des Affligés, priez pour nous !

Please reload

© 2014 Communauté Jésuite du Christ-Roi,  25 avenue Gaston Diderich L-1420 Luxembourg

  • Facebook - Gris Cercle