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Homélie du 2ème dimanche de l'Avent (Père Josy Birsens)

6 Dec 2015

 

Luc 3, 1-6

 

Nous voici déjà au 2e dimanche de l’Avent, ce temps que nous apprécions comme un temps de recueillement et de paix pour nous préparer à la fête de Noël. Mais soyons honnêtes : combien de fois avons-nous pris cette semaine un peu de temps pour nous recueillir ? Sommes-nous déjà entrés un tant soit peu dans une ambiance de recueillement pour y laisser résonner les belles promesses de Dieu dans les livres des prophètes ? Il y a fort à parier que les préoccupations et les préparatifs liés à la fête de Noël, aux cadeaux à offrir, aux congés qui s’annoncent ont pris le dessus sur le silence et le recueillement !

Voilà pourquoi la Parole de Dieu, chaque dimanche de l’Avent, vient nous réveiller et nous motiver pour changer un petit quelque chose dans nos habitudes et dans le mode de vie que la société nous impose. Au début du passage de saint Luc que nous avons entendu aujourd’hui, il y a un beau contraste entre les agissements du monde – avec tous ces noms historiques, on se croirait au journal parlé qui nous assomme pareillement de noms étrangers et de nouvelles que nous mettons du temps à assimiler – et un fait anodin, passé presque inaperçu pour les contemporains : un citoyen lambda, Jean, qu’on appellera le Baptiste s’est retiré dans le désert où il a entendu Dieu lui adresser la parole. Un homme a eu le courage de prendre distance par rapport à l’agitation du monde pour se mettre à l’écoute de ce que le Tout-Autre avait à dire à ce monde et pour le relayer auprès de lui. Et Dieu a daigné parler à cet homme et lui communiquer un message de conversion et d’espérance à transmettre à tous. Voilà qui peut nous donner à réfléchir !

Pour nous aussi, je pense qu’il est absolument primordial de prendre ne fût-ce que des petits moments pour être seul, laisser se taire tous les bruits et voix en sens divers et nous mettre à l’écoute de ce que Dieu veut nous dire aujourd’hui. Nous exercer à faire silence, à nous laisser toucher par ce qui nous arrive dans la vie, à peser ce qui est important, à faire le tri entre l’accessoire et l’essentiel. Jean-Baptiste nous en donne l’exemple et nous indique la route à suivre, comme un cairn en région montagneuse nous indique le chemin quand on ne voit pas bien par où aller. Car bien souvent, dans nos vies et la marche du monde aussi, les signes ne sont pas clairs et l’on a besoin d’indicateurs pour savoir dans quelle direction avancer.

Le Pape François me semble un de ces indicateurs pour nous aujourd’hui, et l’écho qu’ont ses paroles et gestes dans les médias me donne à penser que bon nombre de nos contemporains trouvent en lui un repère pour s’orienter face à l’agitation du monde. Quand il se déplace, François choisit avec prédilection des endroits qu’il qualifie de déserts ou de périphéries : là où vivent les moins chanceux, les laissés-pour-compte de nos sociétés, là où l’amour et la solidarité touchent à leurs limites. Il y apporte un brin d’humanité et d’espérance, mais il révèle aussi au monde nanti qu’il ne saurait trouver sa joie sans améliorer le sort de ces frères et sœurs en humanité. Et il invite l’Eglise avec insistance à quitter son confort et sa sécurité pour vivre en communion avec les pauvres et se laisser évangéliser par eux. Voilà un message à considérer attentivement plutôt que nous laisser assommer par le bruit médiatique autour des événements et soubresauts de notre monde !

Le Pape François, comme Jean-Baptiste et les autres prophètes avant lui, nous invite à changer de vie, à réfléchir à nos priorités, à enlever ce qui peut barrer la route à la venue de Dieu pour rendre droits et faciles ses sentiers. Voilà la tâche qui nous attend en ces semaines avant Noël : rendre possible la venue de Dieu au milieu de nous, enlever ce qui pourrait retarder son arrivée. Il ne faut sans doute pas penser à de grands changements, mais à des petites choses qui ouvrent à de nouvelles possibilités. Car Dieu veut être en route avec nous vers les autres hommes, particulièrement quand les temps sont difficiles. Quelle parole, quel geste puis-je donc inventer en ces jours pour me préparer à sa venue et aider à la préparer auprès des pauvres et des petits ?

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