Articles récents
Please reload

Filtrer les articles
Please reload

Homélie du 34ème dimanche B - Fête du Christ-Roi (Père Jacques Weisshaupt sj)

22 Nov 2015

 

Frères et sœurs,

         En cette fête du Christ Roi, nous réentendons l’évangile selon saint Jean, avec ce moment si émouvant du procès romain de Jésus au cours de sa Passion…Dans la prière que Jésus nous apprise, nous prions Dieu, le Père, pour que son Règne arrive. Or, il se fait que Jésus, pendant toute sa vie publique, a cherché à se protéger de l’enthousiasme des foules, elles qui rêvaient de faire de lui leur roi. Jésus, en effet, était bien conscient que cette royauté-là était pleine d’ambiguïté. La mission de Jésus, chemin, vérité et vie, révéler le dessein du Père, ne pouvait se résoudre à la libération de la Palestine de l’occupation des Romains et à la restauration de la puissance du Royaume d’Israël. Aussi, par deux fois, les évangiles nous mentionnent un ajustement incontournable : lors de l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem et lors du procès devant Pilate. Quand Pilate demande à Jésus : « Es-tu Roi ? », Jésus répond d’emblée : « Tu le dis, je suis Roi, … mais ma royauté n’est pas de ce monde… »

         Jésus accepte le titre de roi, mais tout le contexte de la Passion situe cette royauté dans le tragique de la Croix. Le roi dont les évangiles racontent l’histoire est cet être fragile et vulnérable, jouet des puissants et victime des jaloux. Jésus de Nazareth est un roi couronné d’épines, battu et ridiculisé par ses geôliers, qui le cloueront bientôt sur la croix entre deux brigands. Et qu’en est-il de la foule ? Elle est là devant un roi dérisoire, hésitante, apitoyée ou haineuse. Quant aux responsables, les chefs et les grands-prêtres, ils triomphent et ricanent devant ce prétendu roi des Juifs, maintenant ils l’ont enfin à leur merci. Seul le bon larron, touché par Jésus, va comprendre : il devine que ce Royaume pour lequel ce Jésus meurt est un royaume d’amour, de pardon : « Souviens-toi de moi quand tu seras dans ton Royaume »…

Ainsi, tous ont pris position par rapport à Jésus, le Nazaréen. Lui, a répondu clairement à Pilate :  « Tu dis que je suis roi. Moi, je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité. Quiconque appartient à la vérité écoute ma voix. »

         A notre tour, en cette fête du Christ-Roi, à la fin de cette année liturgique, ayant parcouru à la suite du Jésus tout son itinéraire de révélation, nous voilà invités par le Seigneur, à accueillir son témoignage. ‘Quiconque appartient à la vérité écoute ma voix.’ Vraiment, le Royaume dont le Christ est le roi, ne ressemble guère aux royaumes de la terre, il ne se compose pas de territoires conquis ou à conquérir, il ne s’appuie pas sur la puissance, ni non plus sur la force, ni sur l’argent. C’est un royaume ouvert à tous, pas besoin de papiers pour y résider, pas de critères de race, de couleur ou de langue. Tous sont appelés à y entrer, tout particulièrement les petits, les pauvres, les paumés et les exclus. De ce Royaume, la constitution et la loi ne sont autres que la charte des béatitudes et de l’amour :

" Heureux les doux, heureux les miséricordieux, heureux les cœurs purs, heureux ceux qui sont persécutés pour la justice car le royaume des cieux est à eux... ".

         Alors une seule question nous sera posée pour nous en ouvrir les portes : " M'as-tu aimé, as-tu aimé les hommes tes frères ?" Lors du fameux jugement dernier, il ne sera pas question de notre piété, de notre fidélité à la messe du dimanche, de notre générosité aux quêtes ou de nos sacrifices... De tout cela il ne sera pas question, non que cela soit inutile, mais même ces actions-là n'ont de valeur que si c'est l'amour et la gratuité qui les habitent.

         Ce que le Christ nous demande de faire pour posséder la clé qui ouvre les portes de son royaume, c'est tout simplement d'aimer comme lui, en allant jusqu'au bout. Il s'agit donc bien pour chacun de nous de discerner l'essentiel du moins essentiel pour croire à la Bonne Nouvelle, et ainsi, le Royaume sera, pour nous aussi, tout proche.

         Que le Christ, Roi de l'Univers, nous communique son Esprit pour comprendre la valeur du plus modeste geste d'amour pour la construction du Royaume. "J'étais un étranger et vous m'avez accueilli, j'étais malade et vous m'avez visité, j'avais faim et vous m'avez donné à manger... " "J'étais chômeur et tu m'as trouvé du travail, j'étais en butte au mépris et tu m'as rendu la dignité, j'étais découragé et tu m'as donné la chaleur de ta présence, un moment de ton temps, une poignée de main, un sourire... " Chacun, selon les talents reçus, nous pouvons écrire l'histoire. Ainsi donc, sur ces chemins de fraternité nous pouvons rencontrer le Samaritain et le Christ Roi. Son Royaume est en effet un monde de gens à aimer et de gens qui aiment. C'est pourquoi chaque fois que nous aimons un peu plus, nous construisons le Royaume, et nous faisons que le Royaume est vraiment déjà là au milieu de nous.

         Ainsi donc le Royaume de Jésus  vient du monde de Dieu, non de ce monde. Aucune puissance de notre terre n’a cette capacité de nous donner le bonheur de rejoindre Dieu. Seul Jésus le peut et, en ce sens, nous pouvons, ses disciples qui croyons en lui, affirmer que Jésus est le roi de tous, le roi de l’univers. En définitive, c’est par l’amour à son comble, c’est par sa croix et par le don de sa vie que Jésus est roi, « en humble position », écrit Saint Ignace…

 

 

Please reload

© 2014 Communauté Jésuite du Christ-Roi,  25 avenue Gaston Diderich L-1420 Luxembourg

  • Facebook - Gris Cercle