Articles récents
Please reload

Filtrer les articles
Please reload

Homélie du 32ème dimanche B (Père Josy Birsens B)

8 Nov 2015

 

Si la scène de l’évangile d’aujourd’hui avait pu être filmée, je me demande si la pauvre veuve dont Jésus fait l’éloge serait apparue sur nos écrans. Le réalisateur du reportage aurait sans doute plutôt montré les gens en vue, les personnalités connues du monde politique ou de l’économie. Et sans doute un zoom spécial aurait été fait chaque fois qu’un gros billet était déposé dans le trésor du Temple. Avec Jésus, l’échelle des valeurs change. Comme tous les prophètes, il sait se mettre en colère et n’a pas de mots assez durs pour fustiger l’ostentation de ceux qui se croient justes, respectables et honorables. Il dénonce leur démarche intéressée et hypocrite et nous donne, comme en contraste, l’exemple de la pauvre veuve.

Comme Jésus, nous pouvons nous mettre en colère contre le culte du « bling-bling » et l’autosatisfaction des riches qui n’hésitent pas à mettre en avant même leurs gestes de générosité. Mais pouvons-nous pour autant nous identifier avec la pauvre veuve ? Notre charité n’est-elle pas bien souvent calculée aussi ? Donnons-nous vraiment de ce dont nous avons besoin pour vivre ou bien plutôt de notre superflu ? Des personnes comme la veuve de l’évangile viennent donc nous interpeller. Je suppose que vous connaissez tous de ces personnes qui donnent sans compter. Face à de tels exemples, on se sent tout petit et on prend conscience de ses propres manques de générosité. Que ce soit par peur de manquer du nécessaire, par souci pour les siens ou parce qu’on reste insensible aux besoins des plus nécessiteux. Et qui peut garantir que l’argent donné servira vraiment ceux qui sont dans le besoin ? Les médias n’ont de cesse de trouver des exemples de dysfonctionnements, jusques et y compris au denier de St. Pierre…

En même temps et fort heureusement, il y a eu ce sursaut de générosité à l’égard des demandeurs d’asile qui fuient la guerre en Syrie et en Iraq. Tout à coup, nos sociétés matérialistes semblent redécouvrir le bonheur qu’il y a à donner et à partager. Face à cette vague de réfugiés qui rappelle aux aînés celles de la 2e guerre mondiale, nos cœurs sont touchés et nos doutes balayés : au nom de notre foi, nous ne pouvons pas rester sans rien faire ! Et voilà que ceux et celles d’entre vous qui ont répondu à l’appel de notre archevêque pour tendre la main, par-delà les difficultés et problèmes d’organisation, disent le bonheur qu’ils trouvent dans une démarche d’humanité toute simple. Et leur étonnement parfois quand ceux qui n’ont presque rien veulent encore le partager avec eux !

Jésus n’en est pas resté à sa colère contre l’ostentation des scribes et des pharisiens, mais il a eu ce regard du cœur qui voit une personne nécessiteuse, dont on dirait aujourd’hui qu’elle vivait en-dessous du seuil de pauvreté, donner tout ce qu’elle avait pour vivre. Même s’il n’a pas utilisé le terme, il la déclare bienheureuse et nous la donne en exemple. Non pas pour nous donner mauvaise conscience, mais pour l’admirer avec lui et nous en laisser toucher. Seigneur, donne-nous un cœur de pauvre et une âme généreuse pour ne pas passer à côté de notre devoir d’humanité !

Please reload

© 2014 Communauté Jésuite du Christ-Roi,  25 avenue Gaston Diderich L-1420 Luxembourg

  • Facebook - Gris Cercle