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Homélie du 15ème dimanche ordinaire B (Père Jacques Weisshaupt)

12 Jul 2015

Marc 6, 7-13

 

Frères et sœurs,

« Jésus appelle les Douze et, pour la première fois, il les envoie deux par deux. Il leur donnait pouvoir sur les esprits mauvais. »

Marc avait déjà dit cela quand Jésus « avait appelé à lui ceux qu’il voulait, pour qu’ils soient ses compagnons et pour les envoyer prêcher, avec pouvoir de chasser les démons. »

Cet appel est lié à un envoi, à une mission.

Être compagnons de Jésus, certes, mais non pas pour rester bien à l’abri près de lui !

Jésus les oriente vers ailleurs : être ses témoins « jusqu’aux extrémités de la terre. »

Il les envoie « deux par deux ». Sans doute, est-ce parce qu’à cette époque un témoignage n’était reçu comme authentique que s’il était porté par deux témoins.

Mais, plus profondément, Jésus est venu pour remettre les hommes dans la « circulation de l’amour ». Dieu a créé l’univers avec les êtres humains pour qu’ils soient « à son image ». Comme « Dieu est amour », les hommes seront images de Dieu dans la mesure où ils construiront ensemble des relations d’amour fraternel, partageant « notre maison commune », selon l’expression du pape François. Jésus est venu faire échec à la division, à l’individualisme.

Il est celui qui réconcilie les hommes avec Dieu et entre eux et avec eux-mêmes.

Il envoie les Apôtres « deux par deux » : pour qu’ils soient d’abord, par leur propre comportement et par leur vie, les témoins de cette œuvre de réconciliation et d’élaboration du Royaume.

Le salut n’est jamais individuel, il nous met en relation les uns  avec les autres, en fraternité, dans le mouvement de l’amour de Dieu. Il fait alliance avec nous.

La mission des Apôtres est donc de « chasser les esprits mauvais », de lutter contre le mal qui divise et corrompt, contre la peur qui génère égoïsme et replis sur soi.

Alors nous comprenons mieux pourquoi Jésus donne des consignes de pauvreté.

S’encombrer de richesses matérielles, c’est risquer de tomber dans le piège de la possession égoïste, c’est entrer dans le cercle infernal de la volonté de pouvoir, de la jalousie. C’est se centrer sur soi-même au lieu de faire de la place pour les autres. C’est obscurcir son regard intérieur et n’être plus suffisamment disponible pour accueillir l’autre. C’est plus que jamais valable pour tous les chrétiens témoins de la Bonne Nouvelle au cœur du monde.

         A l’invitation du pape François, entrons donc « en dialogue avec tous au sujet de notre maison commune » (LS 3). Nous avons reçu cette terre comme un héritage, un don, un cadeau. Nous devons continuellement nous demander : comment voulons-nous laisser cette terre ? Nous pouvons prendre des initiatives individuelles, mais nous devons voir désormais la réalité de façon organique et non pas fragmentaire, en nous interrogeant avec des questions qui nous incluent tous, puisque tout est lié. Il n’y a pas de droit à l’exclusion !

         Deux questions vont désormais rythmer nos dialogues : pour quoi cette terre, notre maison a-t-elle besoin de nous et aussi qu’as tu fait de ton frère, qu’as tu fait pour ton frère ?

Cette terre, nous l'avons reçue comme un héritage, comme un don, comme un cadeau. Qu’il nous ferait du bien de nous demander : comment voulons-nous la laisser ? Quelle orientation, quel sens voulons-nous imprimer à l'existence ? Pour quoi passons-nous par ce monde ? Pour quoi luttons-nous et travaillons-nous ? (cf. Laudato si’, n. 160). Il est urgent de nous convertir !

Laissons-nous porter par l’appel de notre pape :

 

« François d’Assises appelait les créatures, aussi petites soient-elles, du nom de frère ou de soeur ». (20) …

         Si nous nous approchons de la nature et de l’environnement sans cette ouverture à l’étonnement et à l’émerveillement,

si nous ne parlons plus le langage de la fraternité et de la beauté dans notre relation avec le monde,

nos attitudes seront celles du dominateur, du consommateur ou du pur exploiteur de ressources, incapable de fixer des limites à ses intérêts immédiats.

         En revanche, si nous nous sentons intimement unis à tout ce qui existe, la sobriété et le souci de protection jailliront spontanément. La pauvreté et l’austérité de saint François n’étaient pas un ascétisme purement extérieur, mais quelque chose de plus radical : un renoncement à transformer la réalité en pur objet d’usage et de domination. » (LS 11)

         Que l’Esprit Saint nous inspire et nous accompagne, lui qui nous donne la responsabilité de donner le meilleur de nous mêmes. Qu’il nous donne la force et la lumière dont nous avons besoin. Il planait sur les eaux à l’aube de la création, il a donné aux disciples la force de la Pentecôte, Il ne nous abandonne pas et il se fait un avec nous pour que nous trouvions des chemins d’une vie renouvelée dans notre maison commune. »

 

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