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Homélie du dimanche de la Sainte Famille B - (Père Maurice Gilbert sj)

28 Dec 2014

Luc 2, 22-40

 

Ce texte de l’Évangile que nous venons d’entendre, nous le connaissons bien et tant de tableaux de peintres célèbres nous le font encore apprécier. Aujourd’hui, l’Église nous le propose à nouveau à l’occasion de la fête de la Sainte Famille, celle que composent Joseph, Marie et l’enfant Jésus, quarante jours après sa naissance. Nous savons bien que la fête de la Présentation de Jésus au temple de Jérusalem ou ce que la tradition appelle aussi la fête de la Purification de Notre-Dame nous le fera de nouveau entendre le 2 février. Aujourd’hui, en pensant à nos familles, regardons cette scène attentivement.

         Par obéisance à la loi mosaïque, Marie vient se purifier et Joseph, en tant que père adoptif, vient offrir leur fils premier-né. Voilà pourquoi ils sont là tous les trois, Marie, Joseph et Jésus. Mais le récit de l’épisode nous invite à une comtemplation plus profonde de ce mystère.

 

         Tout d’abord, il me semble qu’il y a quelque chose d’unique dans le fait que Jésus et sa Mère se trouvent dans le temple. Celui-ci est, pour tout l’Ancien Testament, le lieu de la Présence du Seigneur au milieu de son peuple. Que Marie y vienne avec l’enfant Jésus a quelque chose d’extraordinaire, – non pas parce que la loi mosaïque est respectée, – mais parce que Marie, que l’ange a nommée “comblée de grâces”, c’est-à-dire depuis toujours et à jamais, est elle-même le temple de la Présence du Seigneur, après avoir été durant sa grossesse le véritable lieu de la Présence de Dieu au milieu de son peuple, – et en outre parce que Jésus, tout bébé qu’il soit, est proprement Dieu réellement présent, désormais visible et tangible, au milieu de nous.

         Il y a ainsi une conjonction de lieux de la Présence de Dieu : – le temple, où Dieu est toujours présent, mais invisible comme dans nos églises, – Marie, en qui le Seigneur demeure désormais invisible, mais si réellement, par la grâce dont le Seigneur l’a comblée et à laquelle elle a répondit par son “Oui !” lors de  l’Annonciation, – et enfin Jésus, en qui Dieu se rend présent à notre histoire humaine et qui parlera de son corps comme du temple de Dieu par excellence. Toute l’histoire de la Révélation trouve là son unité, dont le centre est cet enfant Jésus à peine né, car le temple est celui de l’Ancien Testament et Marie, née dans  l’Ancien Testament, l’ouvre au Nouveau, tandis que Jésus est, en sa personne, le Nouveau Testament.

 

         La seconde observation que je propose à votre méditation concerne les deux autres personnages de la scène : Siméon et Anne. Un homme et une femme. Tous deux figures de ce peuple d’Israël qui, fidèles à l’Alliance des aïeux, attendaient le Messie et à qui Dieu a fait cette grâce espérée de reconnaître dans ce petit bout d’homme qu’est l’enfant Jésus, à peine né de quarante jours, l’accomplissement des promesses divines faites depuis des siècles. En outre, ils sont vieux. On peut le supposer pour Siméon qui parle de sa mort : “Tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix selon ta parole”, tandis que, pour Anne, l’évangeliste précise que, veuve dès sa jeunesse, elle avait atteint 84 ans.

         Siméon et Anne représentent tout ce que nous appelons l’Ancien Testament. En eux, c’est tout l’Ancien Testament qui reconnaît le Nouveau, l’accomplissement de son espérance. Et lorsque Siméon prend dans ses bras l’enfant Jésus, regardons cet moment extraordinaire : c’est proprement tout le Nouveau Testament que l’Ancien Testament prend affectueusement dans ses bras.

         Pourtant sans aucune interprétation illusoire, car ce juste prophétise. Siméon dira à Marie que l’itinéraire humain de son Fils passera par la souffrance, à laquelle elle devra communier : elle sera au pied de la Croix du Seigneur. C’est le chemin qui attend cet enfant et sa Mère. C’est ainsi que devra s’accomplir la “délivrance de Jérusalem” qu’Anne annonce à tous, première prophétesse du Nouveau Testament, elle qui, par son âge, représente tous les espoirs de l’Ancien.

         Rendons grâce au Seigneur qui nous permet de contempler ce mystère de l’unité de sa Révélation : depuis Abraham, en passant par Moïse, David et tous les prophètes, le Dieu de la promesse s’est montré fidèle à sa parole : Siméon et Anne l’ont bien compris, ils en ont vécu dans la fidélité et la justice et le Dieu de leurs pères les en a récompensés : ils ont reconnu le Nouveau Testament dans la personne de ce tout petit.

 

         En quitant le temple de Jérusalem, toute la Sainte Famille retourna à Nazareth. Un pauvre petit hameau presque ignoré. Eux-mêmes sont pauvres : on le sait, puisqu’au temple, ils n’ont pas offert un agneau, mais simplement deux tourterelles, ce que la loi mosaïque demandait aux pauvres gens d’offrir en sacrifice. Je note aussi que les tourterelles, d’une grande douceur, vivent en couple fidèle : j’en vois un chaque année à Jérusalem dans notre jardin. 

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