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Homélie du troisième dimanche de l'Avent B - (Père Jacques Weisshaupt sj)

14 Dec 2014

Jn 1, 6-8.19-28

 

Chers frères et soeurs,

 

         Ces paroles de Jean le Baptiste ont interpellé très fort les juifs, et tout particulièrement les pharisiens. Depuis des siècles, ils attendent le Messie. Dans les textes d’Ecriture et dans la tradition, ils cherchent des indications et  des indices qui pourraient se rapporter au messie à venir. Ils prient sincèrement pour la venue du Seigneur promis qui doit venir – et voilà que Jean le Baptiste prétend que le Messie attendu est effectivement déjà là – mais que les juifs ne l’ont pas reconnu, ils ont manqué sa venue !

 

         Nous faut-il chercher une explication ? Il est probable que se soit glissée dans l’espérance initiale et l’attente une sorte de rêve humain idéalisant. Ce qui est certain, c’est que les juifs étaient exploités et opprimés par les romains, eux qui tenaient leur empereur pour « dieu ». Cette prétention des Romains était pour les juifs une offense directe au Dieu unique, Yahweh. Il fallait donc que le messie à venir soit un souverain plus puissant et plus grand que l’empereur romain, qui puisse faire intervenir contre lui la colère de Dieu. C’est sans doute ce que pensaient les pharisiens, et c’était bien dans ligne de l’attente de tout le peuple d’Israël. Mais était-ce là le dessein de Dieu ?

         Pour le Seigneur, l’histoire du salut se déroule autrement: avant qu’il ne délivre son peuple de la servitude politique, extérieure, le Seigneur propose la libération de nos cœurs de leurs attaches égoïstes: toutes nos faiblesses, paresses, lâchetés et recherches du pouvoir et de la richesse…

« Guetteur de Dieu, change ton cœur ! »

 Si le Christ était venu dans le monde comme un prince puissant – dans le sens attendu par beaucoup de juifs – il aurait pu les libérer de toutes les servitudes extérieures, mais il ne leur aurait pas donné l’occasion et les conditions pour une libération intérieure. La conversion, la disponibilité à faire le bien, ne pas se prendre tellement au sérieux, reconnaître nos défauts, que Dieu nous aime tels que nous sommes, en chemin, et que nous sommes à jamais sous la protection de l’amour de Dieu

 

         Ainsi, frères et sœurs, notre Avent de la communauté dominicale, nous voulons le vivre « en chercheurs de Dieu qui veillent ». Nous sommes disposés à réévaluer notre vie, nos habitudes, la qualité de notre confiance en Dieu et de notre espérance et de notre joie. A nous faire « guetteurs de Dieu qui changent leur cœur ».

         Les paroles de Jean le Baptiste valent aussi bien pour nous que pour les contemporains de Jésus. L’interpellation faite aux pharisiens nous vise bien évidemment aussi : ne  courons-nous pas le danger de manquer le rendez-vous de Dieu qui vient dans notre monde ? N’allons-nous pas, nous aussi, ne pas le reconnaître, lui qui est à l’œuvre parmi nous ? Et dans la mesure où nous n’avons que trop d’attentions pour nos intérêts personnels, n’avons-nous pas à fixer à nouveaux frais les priorités ?

 

Comment est-ce que je tends l’oreille pour décrypter le vacarme de la publicité et du sensationnel ?

Qu’est-ce que j’entends vraiment ? Est-ce que je perçois aussi des signes de joie et d’espérance ?

Quelle est la Bonne Nouvelle entendue que je veux partager à tous, sans exclure personne ?

 

Quelle parole de l’évangile me touche-t-elle aujourd’hui ? Est-ce que je me rappelle la parole de Jésus : « je ne vous appelle plus serviteurs, mais amis », oui, en Jésus, notre Frère, devenus enfants du Père, nous voulons, en amis de Dieu, suivre la Lumière !

Suivre notre ami et Seigneur, le Christ, cela veut dire beaucoup, cela nous questionne !

         Voyons-nous assez dans l’évangile une dynamique qui nous engage à lutter contre  les injustices de ce monde à la manière non violente de Jésus ?

Avons-nous vraiment mis en priorité notre propre conversion

à l’évangile, à être disponible pour faire le bien, à laisser de la place aux autres ?

 

         Est-ce que pour nous la foi, croire au Christ, c’est d’être bien en ordre et que les autres soient en ordre ? Ou sommes-nous prêts à reconnaître que nous avons pas mal de défauts ; que Dieu nous aime malgré tout et que nous sommes existentiellement portés par l’amour de Dieu ? Profitons-nous régulièrement de l’expérience libératrice de la réconciliation et du pardon reçu et donné dans la fraternité vécue au quotidien ? Mettons-nous vraiment Dieu présent au centre de notre vie ? Ou participons nous aux seules célébrations qui nous touchent sans nous engager davantage dans les communautés qui les portent ? Est-ce que nous nous sentons vraiment concernés par la prière en famille ? Comment courons-nous le risque de manquer la venue de Jésus dans notre vie ? De ne pas le reconnaître, alors qu’il est là, au milieu de nous ? « J’étais en prison… j’étais seul… j’avais faim… »

 

         Est-ce dans des termes semblables que Jean le Baptiste s’adresserait à nous aujourd’hui ? En tout cas il nous dit certainement encore : convertissez-vous ! Renouvelez-vous et dynamisez votre foi et votre  confiance en Dieu ! Mettez Dieu au cœur de votre vie, de votre espérance. Car il y a déjà au milieu de vous Celui que vous ne reconnaissez pas encore ! C’est lui qui vient dans le monde pour que vous ayez la vie et que vous l’ayez en plénitude !

Oui, amis de Dieu, suivez donc la Lumière !

 

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