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Fête de la dédicace de la basilique du Latran - (Père Josy Birsens sj)

9 Nov 2014

Jn 2, 13-22

 

En cette année où nous commémorons les 100 ans de la 1ère guerre mondiale, le bombardement et l’incendie de la cathédrale de Reims, si riche d’histoire pour la France, nous a été rappelé jeudi dernier. Ce n’est pas sans arrière-pensée que l’armée allemande a tenu à détruire ce lieu hautement symbolique : il s’agissait de frapper au cœur le peuple français. Aussi la reconstruction de la cathédrale marquait-elle symboliquement le relèvement de toute une nation et sa visite par le général de Gaulle et le chancelier Adenauer après une 2e guerre meurtrière, le début d’une ère nouvelle fondée sur la réconciliation et la paix.

En nous imaginant l’effroi et la douleur des catholiques français en 1914, nous pouvons comprendre l’étonnement et l’incompréhension des Juifs face à Jésus. Il vient, en effet, bousculer leurs habitudes et traditions dans le lieu le plus symbolique de leur identité et de leur histoire : le Temple de Jérusalem. Qu’est-ce qui lui prend donc de créer le chaos là où des vendeurs tenaient à la disposition des pèlerins de quoi remplir leurs obligations religieuses ? Qui est-il donc pour s’arroger l’autorité de chambouler ainsi l’ordre établi ?

Saint Jean donne une double réponse à ces questions dans l’évangile d’aujourd’hui. La première, c’est que Jésus dénonce une possible instrumentalisation de la maison de Dieu à des fins mercantiles. Son geste prophétique est motivé par son amour pour Dieu qu’il nomme familièrement Père, signalant ainsi la relation unique qui le lie à Dieu. La citation par les disciples du Psaume 69,10 : « L’amour de ta maison fera mon tourment/me dévorera » laisse en plus sous-entendre que le zèle de Jésus va le conduire jusqu’à la mort. La 2e réponse va encore plus loin : si Jésus se permet ce comportement irrévérencieux, c’est qu’à l’avenir, le Temple perdra sa fonction essentielle de lieu de la rencontre des croyants avec Dieu. C’est en sa personne que les hommes de toutes les nations pourront désormais adorer Dieu en esprit et en vérité. Le véritable Temple détruit puis reconstruit en 3 jours, c’est son corps crucifié et ressuscité !

 

Qu’est-ce que cela peut signifier pour nous aujourd’hui ?

- Nous pourrions d’abord nos demander quelles sont ces causes pour lesquelles nous sommes prêts à nous engager à fond, jusqu’au sacrifice de nous-mêmes : l’éducation de nos enfants, l’engagement sur le lieu de travail ou dans la société, l’évangélisation, etc. ? Y a-t-il des questions de société ou des problématiques d’Eglise pour lesquelles je suis prêt à me consumer, tant elles me tiennent à cœur ?

- Nous tenons tous à certains lieux de culte ou de pèlerinage, à des églises, basiliques ou cathédrales, à une certaine image et des pratiques extérieures de l’Eglise. Cet attachement légitime pourrait cependant devenir idolâtrique. Et si, à l’heure où il est question de détruire ou de désaffecter certains édifices religieux, le Christ nous invitait mystérieusement à dépasser la seule matérialité des choses pour croire et espérer que quelque chose de neuf pourra en germer pour l’avenir de l’Eglise ? Sommes-nous assez détachés et libres intérieurement pour imaginer des pratiques ou des lieux nouveaux vers lesquels l’Esprit pourrait nous conduire ?

- Depuis que Jésus a pris notre chair et a donné son corps par amour pour nous, nous sommes le Temple de Dieu, comme le rappelle saint Paul dans l’épître aux Corinthiens. Nos corps sont infiniment plus qu’un amas de chair et d’os, ils sont l’œuvre de Dieu et le réceptacle de l’Esprit ! Et le corps de notre communauté qui célèbre et se nourrit de l’eucharistie est le lieu où nous rencontrons le Ressuscité. Notre église, pourrait-on dire, n’est grande que d’abriter les hommes et les femmes du Peuple de Dieu. Où donc est la demeure de Dieu pour nous : dans les beaux bâtiments, en nous-mêmes avec toutes nos qualités et défauts ou bien en nous avec et au milieu des autres ?

 

En ces temps où l’Eglise traverse une crise profonde dans nos sociétés, demandons la grâce de l’Esprit pour un renouvellement intérieur de tous les baptisés et de nos communautés chrétiennes en Europe. Que l’attachement à la personne de Jésus nous tienne plus à cœur que les édifices ou les pratiques religieux. Que la construction d’une communauté vivante mobilise toutes nos énergies pour rendre témoignage de la foi qui nous habite !

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