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Homélie du 14ème dimanche ordinaire A (Père Maurice Gilbert sj)

6 Jul 2014

Matthieu 11, 25-30

        

         C’est Jésus qui parle. Nous ne savons ni où ni quand, car Luc (10,21-22), qui cite lui aussi la prière de louange que Jésus adresse à son Père, la situe dans un autre contexte.

        

Dans un premier temps, Jésus entonne un hymne de louange de son Père. Les évangiles n’ont gardé que peu de prières de Jésus, hormis celles qu’il prononça durant sa Passion. Ici, nous avons la seule prière de louange que Jésus prononça durant sa vie publique. De là son importance. Il nomme son Père deux fois. La première fois, Jésus précise : « Seigneur du ciel et de la terre », c’est-à-dire le maître de tout l’univers. La seconde fois, – « Oui ! Père », –c’est pour confirmer que, dans sa bonté, selon son bon vouloir, le Père a révélé, continue de révéler « cela », c’est-à-dire les mystères du Royaume des cieux, non pas « aux sages et aux savants », à ceux qui sont déjà convaincus de les connaître, – comme si l’homme avait la maîtrise de ces mystères divins, – mais aux tout-petits, c’est-à-dire à ceux qui, au lieu de s’enfermer dans leurs propres certitudes, s’ouvrent spontanément et en toute confiance à la parole et à l’action de Jésus.

 

         Dans un deuxième temps, Jésus donne une explication profonde et quasi solennelle sur lui-même, sur son identité : le Père, c’est, dit-il, « mon Père », et lui seul connaît le Fils. Il y a donc entre Jésus et son Père une relation de filiation unique, et en parlant ainsi Jésus est conscient de sa participation à la divinité du Père. Nous avons ici un des textes les plus forts des évangiles sur l’identité divine de Jésus et sur la conscience qu’il en avait. Plus encore, une telle proximité entre Jésus et son Père permet de comprendre que, tout comme le Père connaît totalement le Fils, ainsi, réciproquement, seul Jésus connaît totalement le Père. Mais Jésus ajoute que la connaissance qu’il a de son Père, il veut la faire partager, la « révéler ». À qui ? Aux tout-petits qu’il vient de mentionner dans son action de grâce.

      

 

   Puis, dans un troisième temps, propre à Matthieu (11,28-30), Jésus s’adresse à tous ceux qui plient sous le fardeau, à tous ceux qui s’épuisent à respecter toutes les règles que « les sages et les savants » leur imposent. À l’époque de Jésus, les maîtres de sagesse, qui éduquaient la jeunesse, lui imposaient le « joug » de leur enseignement (voir Siracide 6,30 ;  51,26) et ils considéraient que ce joug devait apporter du repos à ceux qui acceptaient de le porter ; de façon plus générale, dans le Judaïsme, on parlait de même du « joug » de la Loi. Jésus se présente comme celui dont les exigences, le joug, le fardeau qu’il propose à nos épaules, sont faciles à porter. La raison, c’est que plus que « les sages et les savants », il est « doux et humble de cœur » : il n’a aucune prétention de domination, il a la douceur de l’agneau qui se laisse immoler et ses projets respirent la modestie, l’humilité. Ce qu’il nous propose, c’est de « nous aimer les uns les autres » comme lui-même nous a aimés, jusqu’à la mort sur la Croix, dans l’oubli total de nous-mêmes. Comme le disait le prophète Jérémie (Jr 6,16), que Jésus cite (Mt 11,29 fin), suivre le chemin du bien, celui que Jésus nous invite à prendre, nous procurera le vrai repos : nos désirs les plus profonds seront comblés.

 

         Cet appel de Jésus ne nous révèle-t-il pas en lui qui est proprement son Père et notre Père ?

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