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Homélie du dimanche de la Pentecôte A (Père Jacques Weisshaupt)

8 Jun 2014

Jean 7, 37-39

 

Frères et sœurs,

 

         Nous venons de l’entendre, Luc, dans les Actes des Apôtres, et Jean, dans son évangile, nous donnent deux descriptions différentes et complémentaires de la descente de l’Esprit sur les Apôtres. Ils s’expriment à partir de leur foi : ils nous partagent le sens même de l’expérience qu’ils ont faite de l’intervention de Dieu dans l’histoire .

         Dans le récit de Saint Luc, les Actes des Apôtres, nous avons la description de la venue de l’Esprit promis par Jésus : Il vient sur les Apôtres et sur la communauté ecclésiale naissante, avec Marie et les femmes qui avaient suivi Jésus jusqu’au calvaire. C’est la fête juive de la Pentecôte, qui se célèbre cinquante jours après la Pâque ; elle rappelle l’arrivée du peuple d’Israël au pied du mont Sinaï ainsi que le don de la Loi dans une multitude de signes étonnants : le feu descendant de la montagne, le vent en bourrasque et la terre qui tremble.

         C’est pourquoi Luc a situé le début de la proclamation de l’Evangile au cours de cette fête, tellement chargée de symbole : c’est le temps où les nombreux pèlerins et les croyants juifs de la diaspora, venaient à Jérusalem depuis pratiquement tous les pays du Moyen Orient !

         Le parallélisme est clair : de la même façon que le peuple d’Israël était devenu un peuple distinct, avec ses institutions et ses traditions propres, quand lui fut confié la Loi par l’intermédiaire de Moïse, ainsi, maintenant, en cette nouvelle Pentecôte, le nouveau peuple de Dieu, l’Église, prend naissance : maintenant les Apôtres, dans la force et l’audace de l’Esprit de Jésus, commencent à annoncer partout la Bonne Nouvelle.         

 

C’est bien parce que ce rayonnement de l’évangile est parvenu, de bouche à oreille, de génération en génération, jusqu’à nous que nous sommes ici réunis ce matin pour célébrer la même bonne nouvelle du Christ et à vivre aujourd’hui même dans cette célébration, le baptême de Mehran, que l’Esprit de Dieu a appelé à entrer dans la communauté chrétienne.

 

         Dans son Evangile,  Jean, le confident, « celui que Jésus aimait », nous présente l’Esprit Saint dans une discrète intériorité : non plus comme jaillissant avec puissance et force dans une grande théophanie, mais avec le profond bonheur de la consolation : l’Esprit saint est la respiration même, le souffle vital qui jaillit du visage aimant de Jésus ressuscité, lui qui porte à jamais dans son corps les stigmates de ses membres transpercés et de son côté ouvert par la lance. Cette rencontre de Jésus ressuscité, qui continue à jamais à donner son esprit, son souffle ultime, cet événement est bien une nouvelle création !

 

         De plus, c’est frappant, dans l’évangile de saint Jean, le don de l’Esprit est intimement associé au pardon, à la réconciliation avec Dieu et avec le prochain, remise aux mains des disciples témoins de l’évangile du Christ. C’est ce qu’appuie la lettre de Paul aux Corinthiens qui nous rejoint aujourd’hui : c’est l’enjeu de la différence et de la multiplicité, qu’il faut toujours essayer de voir comme une richesse, et non comme une faiblesse. Rappelons-nous le célèbre récit de la tour de Babel : les auteurs de l’Ancien Testament – et pas seulement eux ! - semblent avoir considéré la différence et la multiplicité comme quelque chose de négatif : les différences de langues et de cultures entre les humains ne sont-elles pas le fruit amer de l’orgueil humain qui ne rêve que d’une chose : conquérir l’égalité avec Dieu ? Or, dans le message de Jésus et dans tout le Nouveau Testament, la diversité est une richesse, elle est le fruit de l’Esprit ; et, au contraire, le péché, que Jésus nous donne le pouvoir et la mission de pardonner, consiste avant tout dans toutes ces formes d’oppression et de violence, qui sont autant de refus de la différence.

 

         En effet, tout ce que nous connaissons aujourd’hui hélas encore toujours, toutes ces formes de violence, d’oppression, d’occupation, de guerre et d’exploitation ne sont sans doute rien d’autre que de multiples tentatives du Tentateur pour continuer à nous faire imaginer un Dieu tout-puissant, jaloux et implacable. C’est tout à fait à l’encontre de l’action vivifiante de l’Esprit : lui qui est Amour, il crée l’unité de tout ce qui est différent. Tous n’entendent-ils pas dans leur langue l’annonce de l’Evangile ?

 

         Enfin, dans l’évangile de Jean, lorsque Jésus se rend présent au milieu de ses disciples, il leur dit par deux fois : « La paix soit avec vous ! ». Redoublons de prière pour que son souffle d’amour apporte la paix partout où des hommes s’entredéchirent. Qu’il envoie sur notre monde son Esprit, qui nous libère des impasses du péché et de l’égoïsme et nous permette de le servir dans la liberté et dans le respect de toutes nos différences.

C’est bien sûr cet Esprit d’amour, de vie et de paix qui nous donne aujourd’hui le bonheur de pouvoir, tous ensemble, accueillir dans l’Église, par le baptême, et dimanche prochain à la cathédrale, notre frère Mehran.

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