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Homélie du 7ème dimanche de Pâques A (Père Vincent Klein s.j.)

1 Jun 2014

Jean 17, 1-11

 

Chers frères et sœurs,

 

Nous connaissons tous dans notre vie des périodes d’entre-deux. Entre des examens de fin d’année et les résultats qu’on attend impatiemment, entre un travail qu’on quitte et un autre qu’on espère, qu’on attend avec impatience et parfois angoisse, entre un lieu de résidence qu’on s’apprête à quitter avant de découvrir une autre destination parfois inconnue, entre l’éducation d’un enfant et l’annonce d’un autre à venir, etc. Une page se tourne, une nouvelle va bientôt s’ouvrir.

 

Cette période de l’entre-deux, elle est remplie de la force et de la confiance puisées lors de nombreuses rencontres, tissée au cœur des amitiés, elle est le fruit d’une saine fatigue du travail accompli pendant des années, de la joie et la fatigue d’avoir déjà éduqué un ou plusieurs enfants. Mais dans cet entre-deux, il y a aussi la crainte de devoir prendre des décisions, d’affronter l’inconnu, de laisser des amitiés pour en engager d’autres, de quitter la certitude d’un travail peut-être pas toujours épanouissant pour aller vers un autre qu’on ne connaît pas encore.

 

La liturgie de ce dimanche nous situe dans ce temps de l’entre-deux, entre l’Ascension et la Pentecôte. Les disciples, nous dit Saint Luc dans la première lecture que nous venons d’entendre, ont fait l’expérience du Christ Ressuscité pendant 40 jours, c’est à dire pendant pas mal de temps. Celui-ci les quitte en leur promettant l’Esprit Saint. Les onze se retirent à Jérusalem, au 1er étage de la maison, dans cette pièce la tradition appellera le Cénacle. Ils prient en attendant la promesse du Christ. L’Esprit-Saint descendra sur les apôtres dix jours après l’ascension, à la Pentecôte, que nous fêterons dimanche prochain. Luc dans son Evangile et à la jointure avec son deuxième livre  -les Actes des Apôtres- fait preuve de pédagogie, en donnant des jours, des délais. Pratique : cela a permis à l’Eglise de définir un temps pascal qui dure 50 jours, dont 40 jusqu’à l’ascension.

 

Saint Jean nous présente ce temps de l’entre-deux de manière plus mystique, il n’y a pas de jours, nous ne sommes plus dans le temporel. Au centre de sa chronologie, il y a « l’heure ». Jésus dira plusieurs fois que « son heure » n’est pas encore venue. Son heure, c’est celle de sa glorification, comme nous le dit l’Evangile que nous avons entendu aujourd’hui. Qu’est-ce que la glorification de Jésus ? C’est sa mise en croix, son « élévation », comme le dit ailleurs le 4ème évangéliste. Le Christ en  croix interpelle notre foi. Tout se joue là. Nous recevons de son côté transpercé « le Sang et l’Eau », les sacrements de baptême et d’Eucharistie. « Ils regarderont celui qu’ils ont transpercé » (Jn 19, 37), nous dit-il. C’est là, sur la croix, que se joue le mystère de notre foi. Tout le mystère de la résurrection, mais aussi de l’ascension (élévation) et de la Pentecôte « il remit l’esprit », nous dit encore l’Evangéliste, est concentré dans cette « heure » où le fils est glorifié…

 

Chers confirmands, vous vous  trouvez aussi dans un entre-deux. Pas parce que c’est bientôt la fin de l’année et que vous rêvez déjà des vacances, mais qu’il y a encore les compos, les examens avant. Non. Vous vous situez entre le moment de votre baptême et celui de la confirmation de votre baptême qui aura lieu au mois de novembre prochain. Et cela tombe bien que Félix soit baptisé dans quelques instants. Il vous rappellera votre propre baptême. Merci Felix pour nos confirmands.  Regarde les confirmands : tu vois Félix, tu n’es pas au bout de ta route !

 

Il y a en effet trois sacrements d’initiation chrétienne : le baptême, la confirmation et l’Eucharistie, que les adultes reçoivent en une fois chez nous et qui est donné en une fois dans les Eglises orientales, dès le plus jeune âge. On peut dire qu’ils suivent davantage la pédagogie mystique chère à Jean. Tout le mystère est déjà donné, concentré, et est appelé à se déployer tout au long de la vie chrétienne.

 

Dans l’Eglise catholique romaine, nous faisons davantage place à la pédagogie, à la catéchèse. On propose le baptême dès le plus jeune âge, comme pour Félix, qui sera accueilli dans la communauté chrétienne. Savez-vous  qu’avant le 20ème siècle, l’évêque confirmait lors de sa visite pastorale tous ceux qui avaient été baptisés dans la paroisse. La première communion venait plus tard. C’est le pape Pie X, au début du 20ème siècle, qui a proposé la première communion à partir de l’âge de raison, et de faire la confirmation plus tard, à un âge où le jeune peut faire un engagement vraiment personnel. Désormais, nous insistons sur la dimension pédagogique des sacrements d’initiation chrétienne, davantage dans la ligne de Saint Luc, pourrait-on presque dire. Chers confirmands, votre baptême a été décidé par vos parents qui ont voulu pour vous le meilleur. Vous allez bientôt renouveler ce « oui » à votre tour, en pleine liberté et conscience. Vous soulignez ainsi un aspect important de la démarche : l’engagement, à la suite du Christ, au service de la communauté et des plus démunis. AMEN.

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