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Homélie du 5ème dimanche de Pâques A (Père Guy Delage)

18 May 2014

Jean 14, 1-12

« Je suis le chemin la vérité et la vie »

 

 

A l’heure où Jésus s’apprête à passer de ce monde à son Père il cherche d’abord à rassurer ses disciples. « Ne soyez pas bouleversés : vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi » leur dit-ils. Puis il se présente comme le chemin qui conduit vers le Père. Personne ne peut aller vers le Père sans prendre ce chemin, sans passer par lui. Philippe oubliant que le Père et son Fils ne font qu’un demande à Jésus : « montre nous le Père ». Il ne se rend pas compte que Jésus est le chemin qui conduit vers le Père et qu’il n’y en a pas d’autre.

 

Avant que le Verbe ne se fasse chair, les hommes vivaient selon les lois de Dieu révélées dans l’Ancien Testament par les sages, les prophètes et la création. Beaucoup cherchaient le chemin de la vérité qui conduit à la vie éternelle. Et quand le Verbe s’est fait chair, tous ces chemins ont convergé vers l’unique chemin ouvert par et en Jésus-Christ.

 

Ce chemin vers Dieu, inutile d’aller le chercher dans la méditation transcendantale, ni dans les spiritualités orientales, ni dans les paroles des gourous qui nous promettent la vie éternelle ; il est là à portée de main. Il est présent en notre humanité, dans tout ce qui est faible, fragile, brisé. C’est là que nous rencontrons Dieu. Dans le pauvre qui a faim, dans le réfugié qui ne sait plus où aller, dans le vieillard qui a perdu ses capacités, dans la fragilité d’un enfant à naître.

 

C’est ce chemin de service, d’humilité, de compassion et d’amour envers ceux qui souffrent que Jésus nous montre et qui conduit à l’union à Dieu. Nos prières, nos dévotions et notre pratique religieuse passent en second. Ce ne sont pas les longues oraisons ou les élans mystiques qui conduisent d’abord à Dieu, mais notre capacité à aimer et à aimer ceux qui n’intéressent personne ou encore nos proches dont nous connaissons par cœur les limites, les défauts, les faiblesses. C’est en eux et par eux que nous rencontrerons Dieu. La prière, les dévotions et la pratique religieuse sont des moyens mis à notre disposition pour éclairer notre conscience en vue de nous rendre totalement disponibles et de prendre la place du serviteur comme Jésus l’a fait en lavant les pieds de ses disciples.

 

Jésus a passé l’essentiel de sa vie publique à aller à la rencontre des publicains, des pharisiens, des prostituées, des lépreux, des aveugles, des sourds, des estropiés, de tous les laissés pour compte de la société de son temps. Il attend le même engagement de notre part. Mais pour cela, nous avons bien des peurs et des résistances à surmonter. Le pauvre fait peur parce qu’il nous renvoie à nos propres pauvretés que nous ne voulons pas voir. Ces peurs et ces résistances nous n’en viendrons à bout que si nous croyons que Jésus nous a précédé sur ce chemin, qu’il nous a ouvert un passage, tout comme Dieu a ouvert un passage à travers la mer rouge pour faire passer son peuple de la mort à la vie, de la servitude à la liberté.

 

Si nous croyons ce que Jésus nous dit, à savoir qu’il est dans le Père et que le Père est en lui, non seulement nos peurs, nos craintes et nos résistances seront vaincues, mais nous accomplirons les mêmes œuvres que Jésus, et même de plus grandes encore. La sainteté n’est pas réservées aux êtres d’exception, elle nous est destinée à condition de croire que ce qui est impossible à nos yeux est possible avec le Christ.

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